top of page

INTERVIEW : Annie Bélanger

  • Pirard Marvin
  • 29 juin
  • 4 min de lecture

Annie Bélanger est une autrice francophone reconnue pour ses romans d’horreur et de polar noir destinés à un public averti. Passionnée d’écriture depuis l’adolescence, elle s’est longtemps exprimée à travers des textes sombres avant de se lancer pleinement dans le roman. Autodidacte, elle explore sans concessions les parts les plus obscures de l’être humain, abordant la violence, l’emprise et les traumatismes. Son premier roman, *Neuf lunes*, a connu un écho important jusqu’en Europe et a marqué les lecteurs par son intensité. En 2025, elle a poursuivi son exploration de la noirceur humaine avec *L’Élite 2 : Infra*, confirmant une plume radicale et viscérale.



Tous droits réservés :
Tous droits réservés :

  • Vous écrivez depuis l’adolescence : quel rôle l’écriture jouait-elle pour vous à cette époque ?


C’était un exutoire pour moi. J’y déversais mes chagrins, mes inquiétudes, mes colères, mes conflits…


  • N’ayant pas suivi de parcours académique en littérature, comment avez-vous construit votre voix d’autrice ?


J’ai toujours eu un talent de “conteur”, même dans ma façon de raconter des anecdotes, c’était donc facile pour moi d’écrire de la fiction.


Quel a été le déclencheur qui vous a poussée à écrire votre premier roman ?


Quelqu’un m’a défié de le faire et comme j’aime les défis, je me suis lancée dans l’écriture de Neuf Lunes aussitôt!


  • Votre parcours professionnel hors de la littérature influence-t-il votre manière d’aborder les thèmes sombres ?


Probablement plus mon parcours personnel que professionnel… j’ai toujours eu un penchant pour tout ce qui est sombre, pour les histoires qui dérangent, autant en littérature qu’au cinéma ou en décoration…


  • Écrire de l’horreur a-t-il été une évidence ou un choix progressif ?


Une évidence! J’ai grandi dans une maison où la bibliothèque était remplie de Dean Koontz, de Patrick Senécal, de Stephen King, etc… mes toutes premières lectures étaient des lectures d’horreur, tout comme mes films, d’ailleurs. Pendant que les autres enfants écoutaient Le Roi Lion, j’étais passionnée par L’Étrange Noël de Monsieur Jack 😊


  • *Neuf lunes*, votre premier roman, a rencontré un fort écho, y compris à l’international. Comment avez-vous vécu cet accueil ?


J’en suis encore sous le choc! J’ai longtemps hésité à publier parce que j’étais convaincue qu’il n’y avait pas de public pour mes écrits!


  • Aviez-vous conscience, lors de l’écriture, d’aller aussi loin dans la noirceur et la transgression ?


Oh que oui! Il m’arrive souvent de refermer mon laptop en me disant : ” je ne peux pas croire que je suis allée jusque là!”


  • Pourquoi avoir choisi le polar noir et l’horreur comme principaux terrains d’expression ?


Comme mentionné plus haut, j’aime passionnément la noirceur depuis toujours, je n’aurais pas d’inspiration si j’essayais d’écrire quelque chose de léger (sauf peut-être si c’était au sujet de mes péripéties, dans ce cas, ce serait un livre humoristique!)


  • Vos romans sont souvent qualifiés de dérangeants : comment accueillez-vous ces réactions ?


C’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire! J’aime déranger, faire réfléchir, pousser mes lecteurs à l’introspection et que mes romans restent gravés dans leur tête pendant des semaines 😉


  • Comment décririez-vous l’évolution de votre écriture depuis *Neuf lunes* ?


    Beaucoup plus assumée!


  • Vos récits explorent la violence humaine, l’emprise et la domination : est-ce une intention consciente dès le départ ?


Pas nécessairement. J’aime laisser l’histoire me guider.


  • L’horreur est-elle pour vous un exutoire, une dénonciation ou un miroir de la société ?


Toutes ces réponses à la fois! Dans chacun de mes romans il y a un message, une prise de conscience que je souhaite faire vivre à mes lecteurs.


  • Comment travaillez-vous la psychologie de personnages souvent poussés à leurs limites ?


Je fais beaucoup de recherches, j’écoute des podcast, je lis sur la psychologie, etc. Je tiens à ce que mes personnages aient chacun leur personnalité et qu’ils ne soient jamais dénaturés.


  • Y a-t-il des limites que vous refusez de dépasser, ou aimez-vous volontairement les provoquer ?


Je ne décris aucune scene de pédophilie, ma limite est là. Premièrement parce que ça ne m’intéresse pas de décrire ces scènes, deuxièmement parce que je n’y vois pas la nécessité. Pour tout le reste, je n’ai pas de limite ou de tabou.


  • Votre processus d’écriture est-il structuré ou plutôt instinctif et émotionnel ?


Un peu des deux. Avant de me lancer, j’ai un organigramme dans lequel je classe mes idées : idée générale, élément déclencheur, motifs des meurtres, “plot twist” (événement qui bouleverse le cours attendu d’une histoire), infos importantes et idée embryonnaire de la fin. Le reste se tisse ensuite par instinct et avec les émotions du moment.


  • *L’Élite 2 : Infra* est votre dernier roman : qu’est-ce qui vous a donné envie de poursuivre cette histoire ?


    Mon dernier roman est en fait le tome 3, L’Élite : Initium. Je sentais le besoin de mettre de la viande autour de l’os, de répondre à des questions, de pousser mes lecteurs à la réflexion. J’y dénonce beaucoup le “clash” entre les classes sociales, le pouvoir de l’Élitisme et l’absence de conséquences dans certaines circonstances.


  • En quoi ce deuxième tome va-t-il plus loin ou différemment que *L’Élite* ?


Il est très different! Il n’est pas axé sur le “gore”, mais sert plutôt à approfondir l’histoire du premier afin d’avoir une vision 360 de cette organisation.


  • Comment vivez-vous l’implication émotionnelle parfois très forte de vos lecteurs ?


En général, mes romans sont très bien reçus! Je reçois rarement de mauvais commentaires et, lorsque c’est le cas, je me dis simplement que ce n’est pas mon public cible! J’aime beaucoup recevoir les retours de mes lecteurs, leurs messages privés comme leurs publications sur différents groupes. J’aime être proche de mes lecteurs et connaitre les émotions qu’ils ont vécu lors de leur lecture.


  • Que souhaitez-vous que le lecteur retienne après avoir refermé l’un de vos livres ?


    Que je n’écris pas simplement pour balancer du sang et des tripes. Chaque scène gore à sa raison d’être et fait partie du personage ou apporte à l’histoire. Je souhaite que les lecteurs comprennent les messages et les remises en question que j’essaie de véhiculer dans mes romans.


  • Quels sont vos projets futurs, littéraires ou artistiques, après *L’Élite 3 : IINITIUM* ?


J’ai un projet de livre à 4 mains avec Kim St-Pierre qui s’intitulera Memento Mori, un thriller horrifique glauque sur un tueur en série schizophrène. J’ai aussi le tournage de Sisällä, mon court-métrage, qui doit se faire en novembre avec les gars de Happy Villains Corp. Le livre Sisällä ainsi qu’une mini série collective avec 5 autres auteurs. Je planifie déjà mes prochains lancements immersifs, soit ceux de Memento Mori et de Sisällä ainsi que quelques événements horrifiques pour 2027…



René Manzor "L'ombre des innocents"s



Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page