top of page

INTERVIEW : Gilles Caillot

Pirard Marvin
il y a 1 jour
6 min de lecture

Gilles Caillot est un auteur français de thrillers et de romans policiers, né à Lyon en 1967. Passionné de littérature fantastique et de romans noirs depuis son enfance, il cite notamment Stephen King, Jean-Christophe Grangé et Maxime Chattam parmi ses influences.

Consultant en technologies de l'information de profession, il se tourne vers l’écriture et publie son premier roman, L’Ange du mal, en 2007. Il est ensuite remarqué grâce à plusieurs ouvrages à succès comme Lignes de sang, L’Apparence de la chair et La couleur des âmes mortes.

Son style, sombre et réaliste, lui a valu plusieurs distinctions littéraires, dont le Prix Intramuros en 2013. Aujourd’hui, Gilles Caillot est considéré comme une référence du thriller français contemporain.



Tous droits réservés :
Tous droits réservés :

  • Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?


Pur produit Lyonnais, j’ai commencé à écrire il y a une quinzaine d’années suite à l’électrochoc provoqué par la lecture de la trilogie du mal de Maxime Chattam. Immédiatement, je me suis projeté dans cet univers, y trouvant tout ce que me faisait vibrer : la noirceur, l’intrigue haletante, l’aspect médicolégal, le rythme… Bref, tout était là, devant mes yeux. J’étais conquis.

Fort de cette expérience, je me suis à l’œuvre, noircissant, à mon tour, le papier (bon, c’est imagé car j’écris en réalité sur mon ordinateur ;)) et mon premier roman a pris forme assez rapidement pour finalement être publié en 2007.

Depuis, la passion de l’écriture ne m’a plus lâché et elle vit en complément de mon activité professionnelle plutôt stressante (directeur de projets informatiques) et mes obligations de père de famille nombreuse.


  • Vous avez écrit assez bien de livres (neuf romans et une nouvelle) mais peu sont disponibles dans le commerce, pourriez-vous nous expliquer pourquoi ? (La quadrilogie Zanetti est d’ailleurs à nouveau publiée chez Phénix Noir)


Quelle bonne question !

J’ai effectivement écrit un nombre de livres assez important et malheureusement peu sont trouvables facilement dans le commerce.

Est-ce lié à l’aspect « très adulte » de ma prose ? La noirceur de mes histoires ? L’ambiance glauque et dérangeante de certaines d’entre elles ? Certainement. Les diffuseurs et libraires préfèrent souvent du formaté, plus simple à lire, moins violent. En tout cas, ce qui est vrai, c’est que ma littérature n’est pas à mettre entre toutes les mains. Elle convient plutôt à un public averti.

Une autre hypothèse est celle du nombre important de livres qui sortent tous les mois. Les diffuseurs, les libraires font leur choix et n’ont pas le temps de tout lire (souvent c’est l’office qui est mis en avant au détriment des découvertes et les auteurs singuliers, comme moi, n’ont pas forcément la bonne écoute).

La conséquence est que la diffusion de mes livres en souffre en partie même si le nombre de mes lecteurs fidèles (et qui en redemandent) est finalement assez significatif.


  • Où puisez-vous votre inspiration ?


Je puise une grande partie de mon inspiration dans la vraie vie. Les faits réels, les sciences, les grandes découvertes captent mon attention. Comme une éponge, je les aspire, puis les digère pour les faire rejaillir d’une façon ou d’une autre dans mes écrits.

Pour une autre partie, j’adore tout ce qui a trait aux légendes, aux contes effrayants, à la mythologie, aux énigmes, aux choses étranges.

Enfin, Comme tout grand curieux, j’aime le baroque, la bizarrerie, tout ce qui peut exciter l’envie de comprendre et de créer.

Ce savant mélange des trois contribuent pleinement à l’univers que j’ai bâti.


  • Quel est votre cadre idyllique de travail pour écrire un roman ?


Si seulement si…

Je n’ai pour l’instant pas de cadre idéal pour écrire un roman.

Cela vient du peu de temps que je peux consacrer à l’écriture du fait de mes activités professionnelles et obligations familiales.

Si je pouvais vivre de ma passion d’écrire, je pense, qu’en partie, je vivrais à la campagne, proche ou en pleine forêt (pour la tranquillité des lieux, la quiétude apaisante et les émotions générées par la nature).

Pour l’autre partie, ce serait la ville pour son côté « agité ». Le fourmillement de la foule, les attitudes des gens, leurs déambulations. Et puis aussi, les sourires ou les pleurs affichés sur leurs faciès. De parfaits inconnus mais qui me donneraient envie de connaître leurs histoires. J’imaginerais ce qui se passe dans leur tête, leur vie, projetant des scénarios tout azimut, bâtissant des hypothèses et les travestissant dans la seconde d’après en certitudes.

Ce qui est jouissif pour moi c’est de m’asseoir à la terrasse d’un café et d’observer tout ces bonheurs ou ces drames qui se jouent sous nos yeux.


  • Franck Thilliez apparaissait sur la première de couverture de votre roman « L’apparence de la chair » signalant votre livre comme je cite : « Bluffant ». Comment avez-vous pris la critique de cet auteur qui n’est plus à présenter dans le milieu du thriller ?


J’adore Franck Thilliez. En complément d’être un ami, c’est un auteur qui est l’une de mes références dans le petit monde du polar. Sa façon de jouer avec les peurs et la fascination de ses lecteurs est talentueuse. La toile qu’il tisse (très souvent retorse) est particulièrement efficace.

Bref, vous l’aurez compris, j’éprouve une grande fierté de la préface et du bandeau qu’il a rédigé pour l’apparence de la chair.


  • La Quadrilogie Zanetti est une succession de tueurs en séries et de surprises en tout genre. Peut-on espérer encore une saga avec des tueurs aussi violents que ceux présents dans la saga Zanetti ?


La saga Zanetti était jubilatoire à écrire. Je me suis lancé à corps perdu dans ces quatre tomes violents et très rythmés.

Pour la suite, j’ai deux axes actuels en réflexion.

Pour le premier : lancer une nouvelle série avec de nouveaux personnages, toute aussi « en tension » mais certainement moins violente afin d’embrasser un lectorat un peu plus dense. En revanche, je ne travestirai pas mon univers même s’il est légèrement édulcoré.

Le deuxième axe correspond à ce que j’ai amorcé avec l’apparence de la chair, la couleur des âmes mortes et je te hais. Une immersion plus radicale dans la psychologie et les failles des personnages. Apporter la complexité par celle de l’être humain. La genèse des actes, les pensées en mouvement, les émotions devraient être les clés de voute de mes prochains romans.

Il existait un troisième axe que j’ai mis de côté pour l’instant : Continuer la série Zanetti. Poursuivre l’aventure avec celui qui m’a porté pendant plusieurs années. C’est toujours réjouissant de retrouver des êtres même imaginaires qui ont compté pour vous.


  • Le Metal’art étant un magazine à moitié metal/musique, auriez-vous une playlist ou un avis musical à donner pour lire vos livres ?


J’ai toujours suggéré des titres musicaux pour accompagner la lecture de mes romans. D’ailleurs, il y a dans certains d’entre eux, une playlist à la fin du roman.

Pour l’univers assez sombre de la quadrilogie Zanetti, j’avais une préférence pour certains titres de Placebo.

Pour l’apparence de la chair, c’était Evanescence et son Tourniquet qui a tenu la corde (il faut dire que j’ai écrit le roman en écoutant en boucle ce titre). Sans doute m’a-t-il influencé dans sa conception.



  • Toutes vos œuvres traitent de déviances psychiques en tout genre (vengeance, décrochage psychologique, perversion diverses, la dépression). N’avez-vous jamais pensé sortir du thriller pour aller dans un autre genre littéraire tel que le romantisme, la science-fiction ou tout autre style ?


Le thriller reste mon univers favori. D’ailleurs, le thriller est assez vaste en terme de traitement. Il peut être policier ou non, psychologique ou non, familial quelques fois. Pour moi, le thriller s’apparente principalement à la vitesse que l’écrivain impulse, à sa capacité à accrocher le lecteur et à le tenir hors d’haleine tout le long du récit. C’est souvent de l’adrénaline pure, une drogue terriblement addictive.

Une fois qu’on y a goûté, très difficile de s’en passer.


  • Etes-vous déjà sur un nouveau projet ? Pourrait-on en savoir un peu plus ?


J’ai eu une période assez agitée avec peu de temps pour écrire. La période Covid et le télétravail m’ont certainement plus affecté que ce que je pensais initialement, espaçant les rencontres, annulant

les salons, fragilisant les psychologies. De fait, je n’ai pas vraiment écrit pendant ces deux dernières années et il est grand temps pour moi de me remettre dans le bain de la création.

Pour mettre en œuvre des projets concrets, il va falloir que je réorganise toutes mes idées, les creuse et les développe. La bonne nouvelle c’est que l’envie d’écrire est bien présente et qu’elle ne va pas me lâcher.


  • Avez-vous déjà un agenda de prévu pour des séances de dédicaces ou de rencontre ?


Pas vraiment. Je suis un peu débordé en ce moment et je n’arrive pas à trouver des « poches d’air » pour pouvoir rencontrer mon public mais l’envie et là. En attendant, il faut que je puisse proposer une nouveauté à mes lecteurs. Je sais, pour en avoir parlé aux quais du polar (Lyon), qu’ils s’impatientent et qu’un nouveau « Caillot » leur ferait très plaisir ;)


  • Souhaitez-vous laisser quelques mots pour vos fidèles lecteurs ou ceux qui n’ont pas encore la chance de vous connaître ?


J’aimerais remercier particulièrement ceux qui sont venus me voir au quais du polar et qui m’écrivent de temps en temps pour prendre des nouvelles. Cela fait énormément de bien et donne le carburant nécessaire à la création.

Pour ceux qui ne me connaisse pas encore, je pense qu’il est grand temps de sauter le pas et de découvrir enfin mon univers ;)


René Manzor "L'ombre des innocents"s






























Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page