CHRONIQUE: Le Gîte
- Pirard Marvin
- 29 juin
- 2 min de lecture

Auteur: Annie Bélanger
Roman: Le Gîte
Nombres de pages: 102
Editions: Autoéditions
Date de sortie: 13/09/2025
Synopsis:
Cinq participants sont invités gratuitement à séjourner dans un gîte paradisiaque en bordure du majestueux lac Pohénégamook.
Suivez-les dans une nuit qui s'annonçait ressourçante et relaxante, mais qui s'avérera tout autrement!
Sont-ils là par pur hasard ou ont-ils été sélectionnés minutieusement?
Chronique:
Dans Le Gîte, Annie Bélanger construit une mécanique redoutable fondée sur la manipulation par le soin, sans jamais dévoiler d’emblée ce qui se joue réellement. Les logeurs arrivent dans ce lieu isolé comme de simples invités, attirés par la promesse de calme, de confort et de bien‑être. Tout est pensé pour rassurer : l’accueil est chaleureux, l’attention constante, l’atmosphère presque bienveillante. Rien, dans un premier temps, ne permet d’anticiper un danger.
Ce soin omniprésent agit comme un puissant anesthésiant psychologique. Plus les personnages se sentent en sécurité, plus leur vigilance s’émousse. Le roman montre avec finesse comment le confort et l’attention peuvent devenir des outils d’emprise : on cesse d’observer, de questionner, de se méfier. Cette douceur crée une dépendance silencieuse, un abandon progressif de toute méfiance rationnelle.
Ce n’est que progressivement que le malaise s’installe. Quelque chose cloche, sans jamais être clairement nommé. Le lecteur, tout comme les logeurs, est pris au piège d’un système où rien ne menace ouvertement, mais où tout semble sous contrôle. Cette attente floue, cette absence de signaux évidents, rend la tension psychologique d’autant plus insupportable.
Sans révéler les ressorts profonds de l’intrigue, le roman interroge la notion de responsabilité, de faute et de réparation. Il met face à face le cadre rassurant du soin et l’ombre d’une justice détournée, implicite, qui questionne notre rapport à la loi et à la morale. Le lecteur est amené à s’interroger bien avant de comprendre : peut‑on faire confiance à un lieu qui prend trop soin de vous ?
Le Gîte joue ainsi avec nos réflexes les plus humains : associer bienveillance et sécurité, attention et protection. Annie Bélanger démontre que cette équation peut être dangereuse, et que l’horreur la plus efficace est souvent celle qui se dissimule derrière le confort, le silence et les sourires.




Commentaires