INTERVIEW : Yvan Godbout
- Metal'Art Culture
- 13 sept. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 oct. 2025
Yvan Godbout est un romancier canadien. Originaire de la belle région montérégienne, Yvan vit maintenant dans la région de Québec. Diplômé en lettres et véritable passionné de cinéma, il travaille actuellement dans une entreprise de télécommunication.
Qui est Yvan Godbout ?
Un homme bien ordinaire, début cinquantaine, qui regarde désormais la vie un jour à la fois.
Quel est votre parcours ? Oh, c’est une question à laquelle il est difficile de répondre en peu de mots… ! Pour y aller simplement, disons que je suis tombé dans la marmite de l’épouvante très jeune, assez pour développer une relation presque « amicale » avec le genre horrifique, à travers le cinéma et la littérature. J’ai baigné dans les univers de Carpenter, Romero, Dante, Scott, Spielberg, King, Barker, Koontz et Straub, pour ne nommer que ceux-là. Adolescent, je rêvais de mettre en scène le roman d’un grand maître, et plus encore une histoire venant de mon imaginaire. D’une certaine façon, mon rêve s’est concrétisé.
Quelle est la raison qui vous a motivé à écrire des romans ? Et surtout, pourquoi avoir choisi des thèmes ou des personnages aussi noirs et tourmentés ?
Comme je le disais précédemment, les univers noirs ont capté mon attention à un très jeune âge. Je lisais des romans de Stephen King jusqu’à tard dans la nuit, ou me levais aux petites heures du matin pour regarder discrètement des films d’horreur dans le sous-sol de la maison familiale. L’épouvante semble m’avoir choisi plutôt que le contraire…! Parce que de mon côté, je ne m’oblige à rien. Je laisse simplement venir les histoires, sans forcer l’obscurité à y prendre une place. Vous savez, il n’y a pas que de la noirceur dans mes romans. On y trouve aussi beaucoup d’humanité. Et d’amour. Les liens familiaux et amicaux y sont très présents. L’humour également.
Suite à votre procès ( dont on ne parlera pas dans ces lignes, sauf si vous le désirez bien évidemment ), quelles sont les retombées sur votre carrière d’auteur ainsi que sur votre santé ?
Je ne dirai que ceci : je sais désormais ce qu’est réellement l’enfer. Et cet enfer n’a rien à voir avec l’histoire d’un roman ou d’un film… Les dommages collatéraux sont si nombreux qu’il m’est impossible de tous vous les énumérer… Ma carrière d’auteur se porte bien parce que j’ai des lectrices et lecteurs incroyables, ET parce que j’ai un éditeur et des collègues tous aussi incroyables. Pour ce qui est de ma santé, disons que j’ai certainement quelques années de moins au compteur… Personne ne peut sortir indemne d’une pareille traversée. Personne, croyez-moi. De l’aide professionnelle m’a été nécessaire. Et elle le sera encore longtemps, à ce que je devine… Je ne parlerai même pas des répercussions financières… Heureusement, j’ai pu exorciser un peu tout ça dans mon roman « Auteur maudit, maudit auteur »…
J’ai pu constater que vous aviez reçu assez bien de soutien de la part de vos collègues auteurs ainsi que de vos lecteurs. Une campagne de soutien a même été organisée en 2019 sur Gofundme. Comment avez-vous vécu ce moment de solidarité après avoir été si injustement accusé ?
Lorsque le soutien est enfin venu, j’étais au plus bas. Vraiment au plus bas, dans une chambre d’hôpital, à l’étage psychiatrique… Il faut également savoir que le GoFundMe a rapidement été fermé. Mes détracteurs ne me la laisseraient pas si facile… Heureusement, d’autres types de levées de fonds et encans ont vu le jour par la suite pour me venir en aide financièrement. Parce qu’il faut bien plus que des économies pour se défendre…
Pour en revenir à vos œuvres, j’ai récemment lu deux de vos livres (Hansel et Gretel ainsi que Cobayes Tome 2 - Olivier). Comment avez-vous été contacté ou recruté pour participer à ces deux séries ?
Pour Cobayes, la maison d’éditions De Mortagne cherchait un remplaçant pour l’écriture de l’un des tomes. On leur avait parlé de ma série Les yeux jaunes, aussi que je pouvais être un bon candidat. Contrairement à ce que certains ont véhiculé à l’époque, je n’ai pas réécrit le manuscrit préexistant ni même repris sa trame. Ce manuscrit, je ne l’ai même jamais lu, et on ne m’a donné aucun détail sur celui-ci. J’ai eu carte blanche, comme on dit. En fait, je n’ai eu que deux exigences à suivre : mon personnage devait se prénommer Olivier (il était nommé dans les tomes publiés de la série Cobayes) et il devait porter les cicatrices de brûlures. L’histoire d’Olivier, je l’ai donc créée de toute pièce. Et à 100%.
Pour ce qui est du collectif Les contes interdits, l’initiateur du projet est mon ami et collègue, et désormais éditeur, Simon Rousseau. Simon n’a pas eu à me convaincre de quoi que ce soit. J’ai dit oui tout de suite parce que je croyais en lui et à son idée. Le succès a été instantané. Et ne s’est jamais démenti. Assez pour voir apparaître la jalousie ici et là… Mais je n’irai pas plus loin dans cette voie!
Vous faites également partie des auteurs présents dans le nouveau Recueil maudit n’étant disponible que du premier novembre 2022 au 30 novembre 2022. Ce livre regroupe 63 nouvelles pour 53 auteurs (Canada, France et Suisse) et tous les fonds seront reversés au profit de l’organisme “SOS Violence conjugale”. Pourriez vous nous parler un peu de votre participation et de votre implication ?
Il y a peu à dire, en fait. Ces dernières années, pour les raisons que vous connaissez, j’ai refusé bien des projets parce que je ne savais même pas si j’allais un jour pouvoir reprendre la plume… À un certain moment, mes refus me pesaient de plus en plus. J’ai fini par accepter, principalement parce que la cause était noble.
Vos lecteurs ont été ravi de voir que vous continuiez l’écriture et avez récemment sorti la suite de votre série “Les yeux jaunes” à savoir le tome 3.5. Avez-vous déjà une idée du nombre de tomes que comptera cette saga ou écrivez-vous l’histoire au fur et à mesure sans prévoir de fin dans l’immédiat ?
En fait, si le tome 3.5 est un succès, je replongerai avec plaisir dans l’univers « zombiesque » des Yeux jaunes. J’ai beaucoup d’affinité avec mon
personnage de Mimi.
Êtes-vous déjà sur un nouveau projet? Peut-être le tome 4 des yeux jaunes ou un nouveau conte interdit ?
Mon prochain roman sera bel et bien un conte interdit… ! L’annonce vient tout juste d’être faite, d’ailleurs. « Le Bonhomme Sept-Heures » est prévu pour janvier prochain ! Je prépare aussi une série jeunesse, mais je préfère demeurer discret encore un peu là-dessus… ! Et j’ai également deux collectifs auxquels je m’intéresse de très près… !
UN PETIT MOT POUR LA FIN…
Via Metal’art, souhaitez-vous laisser quelques mots à vos / nos lecteurs ainsi qu’à ceux qui vous ont soutenus dans ces moments difficiles (à savoir les nombreux lecteurs belges qui vous soutenaient à distance et ont continués à acheter vos livres afin de marquer leur désaccord vis-à-vis des accusations dont vous et votre éditeur ADA avez été accusés) ?
C’est tellement difficile de remercier correctement tous ceux et celles qui m’ont appuyé… J’ai l’impression que mes mots ne sont et ne seront jamais assez puissants… Si vous saviez combien je suis reconnaissant à tous ces gens… C’est réellement grâce à eux si je suis toujours en vie aujourd’hui… Ils sont aussi importants à mes yeux que les membres de ma famille et de ma maison d’édition. Ma seule façon de dire merci est de continuer à écrire et à publier des romans. Et de rester debout au nom de notre victoire pour la liberté créative et littéraire.
Je vous remercie pour le temps que vous m’avez accordé et attends avec impatience vos prochains écrits.









Commentaires