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INTERVIEW : Geoffrey Claustriaux

  • Metal'Art Culture
  • 5 janv.
  • 6 min de lecture

Geoffrey Claustriaux, c’est un peu le super-héros masqué de la littérature belge : fonctionnaire le jour, écrivain de mondes post-apocalyptiques la nuit… ou plutôt dans le train. Car oui, c’est entre deux gares qu’il a pondu une bonne partie de ses romans, clavier sur les genoux et imagination en roue libre. Auteur de sagas comme Les Royaumes Éphémères ou Chroniques de l’Après-Monde, il revient aujourd’hui avec Animonde, un thriller écolo où les animaux prennent leur revanche sur l’humanité. Anecdote savoureuse : pour la sortie de ce roman, Geoffrey a lancé une campagne Ulule, prouvant qu’il sait aussi dompter les foules… sans mors ni laisse. Rencontre avec un auteur qui n’a pas besoin de bureau pour écrire, juste d’un billet de train et d’un monde à faire exploser.



Tous droits réservés :
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  • Peux-tu nous parler de ton parcours avant de devenir écrivain ?

    Alors, il faut savoir que j’ai en réalité commencé à écrire très jeune. Quand j’avais 7 ou 8 ans, chaque semaine j’allais écrire l’épisode des Chevaliers des Zodiaque que je venais de regarder, haha. Mais de façon plus « pro », j’ai écrit ma première histoire complète quand j’étais adolescent, suite à un cauchemar. Cette histoire sera publiée près 15 ans plus tard (Kidnapping, chez Livr’S Editions). Sinon, je suis diplômé en techniques graphiques avec spécialisation en effets spéciaux, car je voulais travailler dans le cinéma.

  • Qu’est-ce qui t’a donné envie d’écrire ton premier roman ?


    J’avais écrit une quinzaine de nouvelles, et soudain une idée a germé (« et si mon personnage était magicien et immortel ? »). A partir de là j’ai développé un univers et une histoire, et ça a donné un roman. Mais ce n’était spécialement une intention de départ.


  • Tu cites Lovecraft et Stephen King comme influences majeures. En quoi ont-ils façonné ton style ?


    J’ai commencé à lire King très jeune. J’ai dû lire « Ça » quand j’avais 13/14 ans (j’étais déjà fan de film d’horreur depuis mon visionnage de Freddy 4 vers 11 ans.) Ensuite j’ai enchaîné avec Le Fléau, Misery, Marche ou Crève et tant d’autres du King. Il a vraiment forgé mon imaginaire littéraire d’horreur et l’envie de passer beaucoup de temps à explorer la psyché des personnages. Lovecraft est venu plus tard vers 25 ans. J’ai directement accroché à son style d’écriture, et j’ai essayé d’appliquer sa façon de « décrire sans décrire » à ma propre écriture si le genre de récit le permet.


  • Comment arrives-tu à concilier ton travail d’auteur avec tes autres activités (chroniqueur, vidéaste, etc.) ?


    Ce n’est pas simple. Je ne dors pas beaucoup et je n’ai pas vraiment de loisirs, de vacances pour me reposer. Je travaille tout le temps. Le truc c’est d’utiliser la moindre minute de temps libre pour avancer sur un projet. Je n’ai plus beaucoup le temps de lire des livres, d’aller au cinéma, de voir des séries… Mais j’essaie de voir les films d’horreur dont tout le monde parle quand ils sont dispos en streaming, histoire de me tenir au courant.


  • Tu as commencé à écrire dans le train. Est-ce encore un lieu d’inspiration pour toi aujourd’hui ?


    Oui, mais avec le télétravail, je le prends beaucoup moins. Du coup, j’écris moins.


  • Parmi tous tes romans, lequel te tient le plus à cœur et pourquoi ?


    C’est difficile à dire. Je suis particulièrement fier de l’Animonde et de sa réception critique, car c’est le projet que j’ai pris le plus de temps à développer et dans lequel j’ai essayé d’injecter toute mon expérience littéraire. Je suis aussi très content du destin de Kidnapping, car comme je l’ai dit, c’est par lui que tout a commencé.


  • Comment est née l’idée de la saga Les Royaumes Éphémères ?


    Dans la voiture, au retour d’un nouvel an en Alsace alors que j’avais encore l’esprit embrumé (je ne conduisais pas, haha)


  • Ton roman Chroniques de l’Après-Monde a été sélectionné pour un prix littéraire. Qu’est-ce que cette reconnaissance a changé pour toi ?


    En vrai c’est plutôt la nomination de « Pentecôte » qui a changé beaucoup de choses. Il est arrivé sur le podium face à de grands noms, dans un grand festival, et il m’a permis d’acquérir de la crédibilité auprès de gens reconnus dans le milieu. Mais les Chroniques a été un beau succès public et critique, il m’a permis de prendre un peu de confiance.


  • Tu as exploré plusieurs genres : fantasy, science-fiction, polar, horreur… Lequel te semble le plus naturel ?


    Actuellement, je dirais que c’est l’horreur réaliste, on ne se refait pas ! Mais la Fantasy me convient bien aussi.

  • Peux-tu nous parler de Confessions d’un exorciste ? Comment s’est passée la collaboration avec Jean-Pierre Grangier ?


    C’était une expérience très intéressante. Je ne suis pas familier avec le véritable surnaturel, même si je l’ai beaucoup vu dans les films. J’ai vraiment découvert un univers parallèle, et je n’étais pas tout à l’aise.


  • Ton dernier roman, L’Animonde : La Chute de l’Europe, mêle horreur, écologie et anticipation. Qu’est-ce qui t'a inspiré cette histoire où la nature se rebelle contre l’humanité ?


    Je dois rendre grâce à ma femme pour ça. C’est elle qui a un jour eu l’idée d’une biche, dans un zoo, qui agrippait le bras d’un petit garçon à travers un grillage et le réduisait en petits morceaux. Ça a déclenché une multitude d’idées qu’il a fallu rassembler et structurer.


  • Tu as choisi de passer par une campagne de financement participatif pour publier ce livre. Qu’est-ce que cette démarche a changé dans ton rapport à tes lecteurs et à l’édition ?


    Ce n’était pas mon choix, c’est le fonctionnement de cette maison d’édition, Le Héron d’Argent. Mais c’est pas mal, ça limite les risques. Ça fonctionne quasiment comme un système de précommandes.


  • Tu es aussi vidéaste et chroniqueur cinéma. Comment est née cette passion pour le 7e art ?


    Je ne saurais le dire. Depuis tout petit j’ai adoré regarder des films. Je passais des weekends entiers à dévorer des films dans ma chambre, ce qui rendait parfois ma mère un peu folle (« Va prendre l’air »). Adolescent, chaque soir ou presque je passais au vidéoclub pour louer un film. Je crois que je suis fasciné par le pouvoir de l’image et la narration par la mise en scène.

    Si j’ai fait des études de graphisme, c’est après avoir vu Toy Story.

  • Quels sont les thèmes que tu aimes le plus aborder dans tes vidéos ?


    La production d’un film et ce qu’il cherche à raconter au-delà du simple divertissement me fascine toujours, plus que le film en lui-même. Un film, c’est à chaque fois une aventure humaine. Je trouve ça passionnant.


  • As-tu des projets de courts ou longs métrages en préparation ?


    Je suis en plein tournage de mon premier long métrage, Les Champs Hallucinés.


  • Comment ton expérience de scénariste influence-t-elle ton écriture romanesque ?


    J’ai une écriture très visuelle, très directe. Je n’aime pas beaucoup tourner autour du pot, me lancer dans des descriptions interminables. Un scénario doit être ultra simpliste à ce niveau. On se fiche de la façon dont le scénario est écrit en réalité, c’est très factuel.


  • Tu as participé au jury du BIFFF. Qu’as-tu retenu de cette expérience ?


    C’était génial. Un grand moment et un grand souvenir. Et monter sur la scène du Bozar devant 2000 personnes pour chanter, c’était quelque chose !

  • Quelle est ta routine d’écriture ? As-tu des rituels particuliers ?


    J’écris surtout dans le train comme ça a été dit plus haut. C’est ça ma routine d’écriture. Merci la SNCB !


  • Quel personnage de tes romans te ressemble le plus ?


    Je dirais que David, le héros des Royaumes Ephémères est celui qui me ressemble le plus, même si je suis beaucoup moins impulsif. Mais en réalité, je ne me projette pas beaucoup dans mes personnages, car je trouve que je suis quelqu’un d’ennuyeux.


  • As-tu déjà envisagé d’adapter un de tes livres en série ou en film ?


    Bien sûr. D’ailleurs une de mes nouvelles a été adaptée en court. Elle s’appelle Chocolat, on peut trouver ça sur Youtube (ndlr: Cliquez ici pour accéder directement sur la vidéo). J’ai également écrit un scénario adaptant LA[r]MES pour un long métrage, et le film que je tourne actuellement, Les Champs Hallucinés est basé (de très loin mais quand même) sur une de mes nouvelles qui s’appelle Origines.


  • Comment réagis-tu aux critiques, positives comme négatives ?


    Dans les deux cas, j’essaie de rester mesuré : ce n’est pas parce que quelqu’un a adoré mon livre qu’il est génial, et à l’inverse ce n’est pas parce que quelqu’un l’a détesté qu’il est mauvais. J’essaie surtout d’analyser s’il y a des points de convergence qui permettent de mettre en évidence des points forts ou des points faibles pour essayer de les corriger par la suite. En deux mots, je garde la tête froide et une critique négative ne va pas m’empêcher de dormir.


  • Quels conseils donnerais-tu à un jeune auteur qui souhaite se lancer dans l’écriture de genre ?


    D’être patient et persévérant. Ecrire c’est long, fatiguant, démoralisant, mais immensément gratifiant au final. Il faut juste tenir le coup dans les moments difficiles, et pour ça c’est important d’être entouré des bonnes personnes.


  • Je joins également à cette interview un lien donnant directement accès à la page Youtube de la "Maison Claus" pouvant divertir les amateurs de critique de film d'horreur animé par Geoffrey Claustriaux. Cliquez sur la bannière ci-dessous pour aller directement sur la page.



René Manzor "L'ombre des innocents"s



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