INTERVIEW (Archives) : Sandrine Destombes
- Metal'Art Culture
- 10 nov. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 nov. 2025

Bonjour, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Bonjour, je suis donc Sandrine Destombes, et non, ce n’est pas un pseudonyme. J’étais manifestement prédestinée à me lancer dans le noir, quel que soit le domaine. J’ai choisi l’écriture. Quant à mon parcours, j’ai tout d’abord suivi des études de réalisation audiovisuelle avant de me diriger vers la production d’événements. Je travaille d’ailleurs toujours dans ce domaine, en parallèle de l’écriture. Cet autre métier me fait manier beaucoup plus de chiffres que 6 de lettres, j’ai donc trouvé un équilibre, en quelque sorte.
Pourquoi avoir embrassé la carrière d’écrivain ?
Vous m’auriez posé cette question il y a une douzaine d’années, j’aurais bien rigolé. “Moi, écrivain ? Impossible.” Jusque-là, je n’avais jamais écrit quoi que soit, même pas un journal intime. Et puis l’envie est venue comme ça, un jour, sans que je m’y attende. Je traversais une période un peu délicate durant laquelle il m’avait fallu mettre mon métier en retrait. Mais mon esprit avait besoin d’être occupé. Mon esprit a toujours besoin d’être occupé ! Alors j’ai ouvert Word, une application de mon ordinateur qui m’était presque inconnue. Pourquoi ? Je ne pourrais pas vraiment l’expliquer. J’ai écrit un début d’histoire pour moi, mais aussi pour les membres de ma famille. Je les ai feuilletonnés à coup d’un chapitre ou deux par semaine. Tout le monde s’est pris au jeu, moi la première. Trois mois plus tard, il en résultait un manuscrit qui, contre toute attente, fut publié. C’est ainsi qu’est né La Faiseuse d’anges. Je ne me suis plus arrêtée d’écrire depuis.
Vous avez sorti le 3 mai 2023 votre dernier roman “Les disparus de la Durance”. Pourriez-vous nous en parler un peu ? D’où vous est venue l’inspiration de cette histoire ?
L’histoire commence avec la découverte de sept pieds flottant dans la Seine. Ce point de départ m’a été inspiré par un fait divers toujours en cours de l’autre côté de l’Atlantique. Dans la mer des Salish, en Amérique du Nord, des pieds dans des baskets sont régulièrement retrouvés. Leur datation s’étale sur plus de quatre décennies. Ce phénomène a plus ou moins été expliqué, il n’en demeure pas moins que cela me semblait être un très bon point de départ pour un polar. Dans mon roman, l’enquête qui sera menée à la suite de cette découverte fera ressurgir de vieilles affaires, dont une que l’on pensait classée : les disparus de la Durance.
Parmi tous les livres que vous avez écrits, lequel vous a donné le plus de difficulté à l’écrit ?
Le dernier ouvrage me semble toujours plus difficile à écrire que le précédent. Il en sera sûrement de même pour le prochain. J’ai chaque fois envie de me renouveler, de me surprendre. Il faut pour cela explorer de nouveaux thèmes, construire une nouvelle intrique, créer de nouveaux personnages… Tout est toujours à recommencer et la peur de manquer d’inspiration se fait forcément de plus en plus grande.
Développez vous vos personnages et vos histoires au fur et à mesure que vous écrivez ou vous avez déjà tout planifié avant de commencer ?
Si je connais déjà mon histoire, je m’ennuie rien qu’en la rédigeant donc non, je ne planifie rien. J’écris un premier chapitre et je me laisse porter jusqu’à la fin. Je crée toutes les pièces de mon puzzle sans avoir aucune idée de l’image finale. C’est un exercice un peu particulier car le polar ne peut souffrir d’aucune incohérence. Il faut donc qu’à la fin chaque pièce trouve sa place. Je me fais pas mal de nœuds au cerveau, surtout sur les derniers chapitres, mais puisque je continue à le faire, j’en déduis que j’aime ça.
Quel est votre cadre idéal pour écrire ? Écoutez-vous de la musique ou le calme est indispensable au bon déroulement du processus d’écriture ?
J’écris la plupart du temps durant mes vacances. Je cale mon ordinateur sur les genoux et me pose dans un coin, si possible un jardin. Je n’écoute pas de musique mais quand bien même il y en aurait autour de moi, je ne l’entendrais pas. Je suis tellement concentrée lorsque j’écris que le monde extérieur disparaît.
Vous avouez à la fin de votre dernier ouvrage prendre quelques libertés pour alléger l’écriture et la lecture du roman. Qu’entendez-vous par “liberté” ?
En réalité, il s’agit plus d’ellipses que de réelles libertés. J’en use pour ne pas alourdir le récit. Surtout en ce qui concerne les procédures administratives. Si je devais préciser à chaque fois quel formulaire est à remplir avant d’accomplir telle ou telle action, quelle autorité est à saisir pour être dans le bon droit, le texte deviendrait vite indigeste. De la même manière, les temps de l’enquête sont toujours raccourcis. Si je collais à la réalité, mon histoire s’étalerait sur plusieurs mois, voire plusieurs années et non sur plusieurs jours ou semaines. Petite question détente.
Imaginons que “Les disparus de la Durance” soit adapté au cinéma (mondial), quels acteurs verriez-vous dans la peau de vos personnages principaux ?
Ouh là, quelle colle ! Mais OK, je me lance mais je vais me contenter de la France, c’est déjà pas mal : je verrais bien Nicolas Duvauchelle en Martin Vaas, Roschdy Zem en Lazlosevitch et Adèle Exarchopoulos en Chloé Pellegrino. Et vous ?
Pouvez-vous nous parler de votre prochain livre ?
Ce me sera difficile puisque je n’ai pas encore attaqué la phase d’écriture. Disons que je suis dans celle de la réflexion. J’attends qu’un premier chapitre s’impose à moi et là je démarrerai.
Quels conseils donneriez-vous à un écrivain en herbe ?
De se lancer sans chercher à savoir ce qu’en pensera son lectorat. Il faut avant tout se faire plaisir. Vous ne pourrez pas plaire à tout le monde donc autant que ça vous plaise à vous ! Quant à la méthode, il en existe autant qu’il existe d’auteurs, alors…
Je vous remercie pour le temps que vous avez accordé pour répondre à mes questions. Souhaitez-vous laisser quelques mots de fin pour nos lecteurs ?
Un grand merci à vous et merci aux lecteurs qui me suivent maintenant depuis quelques années. J’ai dit qu’il fallait avant tout écrire pour se faire plaisir, je le pense, mais vos retours décuplent sa saveur.





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