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CHRONIQUE: La Femme sans tête: Les Fleurs du crime de Monsieur Baudelaire

  • Pirard Marvin
  • 16 févr.
  • 2 min de lecture


Auteur: Nadine Monfils

Roman: La Femme sans tête: Les Fleurs du crime de Monsieur Baudelaire

Nombres de pages: 320

Editions: Verso

Date de sortie: 03/10/2025



Synopsis:


Un soir de beuverie, Charles Baudelaire rentre chez lui, titubant dans les rues de Paris, lorsqu’il trébuche sur un corps… sans tête. Et le voilà pris malgré lui dans une toile d’araignée tissée par le diable lui-même !

Entouré de personnages plus extravagants et inquiétants les uns que les autres, comme le Ratier vivant dans les égouts, une vieille concierge nymphomane, un ancien truand reconverti en curé qui parle bruxellois à une poupée déguisée en Sainte Vierge, notre poète va devoir mener sa première enquête en tant que détective.

Lui qui a besoin de plonger dans la boue des bas-fonds pour en faire de l’or sera servi…


Chronique:


Les Fleurs du crime de Monsieur Baudelaire : La Femme sans tête s’impose comme un hommage espiègle et délicieusement irrévérencieux au poète maudit. Nadine Monfils, autrice belge reconnue pour son univers déjanté et sa verve truculente, s’amuse ici à métamorphoser Baudelaire en détective malgré lui, tout en infusant son récit d’un parfum littéraire très baudelairien. Dans un Paris du XIXᵉ siècle sombre et poisseux, la romancière dissémine des éclats de poésie, des allusions biographiques et des notes directement inspirées des Fleurs du Mal, qu’elle insère comme de subtiles réminiscences dans les pensées, les élans, et même les errances morales de son héros.


L’influence de Baudelaire ne se limite pas à quelques citations : Monfils joue avec ses thèmes — la boue et l’or, la décadence, l’ivresse, la fascination pour le macabre — pour nourrir l’atmosphère de cette enquête hors norme. Son Baudelaire avance dans les ruelles comme dans ses propres vers : hanté, visionnaire, exalté. Elle s’appuie également sur la biographie du poète, exploitant sa relation tumultueuse avec Jeanne Duval, ses vices, ses crises et ses excès, transposant ainsi le génie torturé des Fleurs du Mal au cœur d’une intrigue policière inventive et théâtrale.


Le roman n’oublie pas pour autant sa signature : l’humour noir, l’excentricité et l’imaginaire pétillant typiquement belges de Nadine Monfils. Comme dans ses autres œuvres, on retrouve une galerie de personnages fantasques — un curé qui parle bruxellois, une concierge déjantée, un Ratier tapi dans les égouts — autant de touches qui ancrent le récit dans la tradition narrative belge, capable de mêler grotesque, poésie et tendresse dans un même souffle.


Avec ce premier tome d’une trilogie annoncée, Monfils parvient à réconcilier polar historique, hommage littéraire et fantaisie belge. Une œuvre à la fois respectueuse et iconoclaste, où Baudelaire, loin du monument scolaire, redevient un homme vibrant, faillible et furieusement romanesque.




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