CHRONIQUE: Les Désobéissantes
- Metal'Art Culture
- 23 févr.
- 2 min de lecture

Auteur: Emmanuelle Fanguer
Roman: Les Désobéissantes
Nombres de pages: 400
Editions: Harper Collins
Date de sortie: 18/01/2023
Synopsis:
On dit de lui qu’il a eu mille vies. Une enfance passée à l’orphelinat, une jeunesse marquée par le succès et, au faîte de sa gloire, des fiançailles avec une riche Américaine. Il était discret, virtuose, solitaire. La dernière femme de sa vie aurait pu parler. Mais en ce matin d’octobre elle gît au pied de l’escalier.
Entre les murs d’un manoir en Picardie, l’étrange duo formé par la domestique Elizabeth Storm et le pianiste Marcus Solar n’est plus. Et c’est un drôle de moment qu’a choisi l’artiste pour tirer sa révérence puisque, après vingt-six ans passés à l’abri des regards, il s’apprêtait à donner une série de concerts exceptionnels.
Qui était Marcus Solar, star déchue morte d’une overdose de morphine à soixante-dix ans et sur le point d’entrer dans la légende ? Quels mystères renfermait-il pour disparaître à la veille du grand soir, emportant avec lui une vieille femme sans passé ?
Et qui sont ces femmes qui ouvrent et ferment la ronde tragique d’une enquête à laquelle semblent vouloir s’inviter l’amitié, la honte et les regrets ?
Chronique:
Les Désobéissantes s’ouvre sur une atmosphère lourde, presque claustrophobe : celle d’un manoir en Picardie où l’on retrouve, au même instant, le corps du pianiste virtuose Marcus Solar et celui de sa fidèle domestique Elizabeth Storm. Déjà, la situation dérange. Marcus, disparu depuis vingt-six ans au sommet de sa gloire, s’apprêtait enfin à remonter sur scène… et c’est précisément à la veille de cette résurrection publique qu’il meurt d’une overdose, tandis qu’Elizabeth gît au pied de l’escalier, comme si elle avait tenté d’appeler au secours. Ce retour avorté crée un profond malaise : pourquoi un artiste retiré depuis si longtemps déciderait-il soudain de revenir… pour s’éteindre ainsi ?
L’écriture de Faguer exploite à merveille ce vertige psychologique. On avance dans ce récit comme dans une pièce plongée dans la pénombre, cherchant à deviner les contours d’une vérité fuyante. Les enquêteurs Leïla Cherfa et Ronan Weber, intrigués par les zones d’ombre d’une affaire trop vite classée, nous entraînent dans un entrelacs d’époques, de souvenirs et de blessures enfouies. La construction narrative, faite d’allers-retours dans le passé, entretient une tension constante : chaque fragment dévoilé semble ajouter une couche d’inquiétude plutôt qu’apporter une réponse.
Ce roman est une mécanique de suspense redoutable : plus on lit, plus le mystère s’épaissit. On veut comprendre ce qui se tramait derrière ce double décès, ce qui a réellement brisé la trajectoire prodigieuse de Marcus, pourquoi la solitude s’est refermée sur lui comme un piège. Les secrets, les non-dits et les vies brisées s’empilent jusqu’à ce que le lecteur, happé, ne puisse plus lâcher le livre. On tourne les pages avec l’impression qu’un drame encore plus vaste se cache dans les interstices.
Les Désobéissantes n’est pas qu’un polar : c’est un roman qui hante, qui dérange, qui retient le souffle. Une enquête où les fantômes du passé murmurent plus fort que les vivants.




Commentaires