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CHRONIQUE: Soufre

  • Pirard Marvin
  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture


Auteur: Nicolas Druart

Roman: Soufre

Nombres de pages: 400

Editions: Harper Collins Noir

Date de sortie: 02/10/2024



Synopsis:


L’Homme-Allumettes… Dites trois fois son nom et priez pour rester en vie.


Cette légende urbaine, le capitaine Antoine Aubert n’y accorde aucun crédit. Mais lorsqu’il hérite du meurtre filmé de deux adolescentes, ses certitudes vacillent. Celui-ci défie toutes les lois de la physique : dans une cabine du téléphérique toulousain, perchée à cinquante mètres au-dessus du vide, l’Homme-Allumettes semble surgir de nulle part.


L’affaire, déjà inédite, prend des proportions vertigineuses quand une youtubeuse célèbre consacre...


Chronique:


Dans Soufre, Nicolas Druart ne raconte pas une simple histoire : il invoque une présence. Le roman s’ouvre comme un murmure qu’on ne devrait pas écouter, un de ces contes urbains qu’on chuchote à la nuit tombée, quand il est déjà trop tard pour faire marche arrière. L’Homme‑Allumettes — créature née d’une légende numérique où il suffit de prononcer trois fois son nom — incarne la terrifiante logique des creepypastas : un mythe banal, enfantin presque, qui finit par dévorer le réel. Druart s’inspire directement de ces récits viraux qui prolifèrent sur Internet et dont l’ombre collective s’étend sur ceux qui osent s’y attarder.


Mais ici, la fiction ne se contente pas de frapper à la porte : elle l’enfonce. Le meurtre impossible dans une cabine de téléphérique, suspendue au-dessus du vide, marque le début de la contamination. L’Homme‑Allumettes n’apparaît pas : il surgit, comme s’il glissait entre deux couches du monde, défiant la physique et la logique humaine. Chaque scène semble provenir d’un forum obscur, d’un fil de discussion où la réalité s’effrite ligne après ligne.


Druart maîtrise parfaitement les codes du conte urbain : un rituel, une rumeur, un témoin terrifié, puis l’épidémie. Quand une youtubeuse transforme l’histoire en phénomène viral, le roman bascule dans une spirale morbide où l’angoisse se propage à la vitesse des notifications. Comme dans les creepypastas les plus redoutées, l’horreur n’habite pas seulement l’entité, mais dans la façon dont elle se transmet, se réplique, se nourrit des regards et des peurs qu’on lui offre.


L’ambiance devient alors poisseuse, obsessionnelle : la fête foraine se mue en labyrinthe de miroirs déformants, les lumières clignotent comme des avertissements que personne ne comprend, et chaque souffle semble chargé de cette odeur de soufre qui précède le malheur. Druart ne raconte pas un thriller : il orchestre une descente progressive vers l’endroit où les légendes cessent d’être des histoires pour devenir des présences. Et lorsque le réel se fissure, une seule question demeure : combien de fois avez-vous murmuré son nom ?






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