INTERVIEW (Archives) : Sébastien Jullian
- Metal'Art Culture
- 28 nov. 2025
- 5 min de lecture

Bonjour Sébastien Jullian. Pourriez-vous vous présenter aux lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?
J’ai 43 ans , et je vis dans l’Isère . Je travaille dans le milieu de l’informatique depuis plus de 20 ans, et désormais je gère une équipe orientée sur le service et la relation Client. Niveau passion, je suis un grand fan de football, de Metal et bien entendu de thrillers. Je pense pour résumer que j’ai un certain goût et une attirance inconsciente pour tout ce qui touche à l’extrême… sans pour autant être un extrémiste.
Comment vous est venue l’envie de devenir écrivain ?
En 2016, j’ai changé d’emploi et j’ai abandonné la voiture pour le train. Environ 1h15 aller-retour de trajet par jour. Rapidement, je me suis dit qu’il fallait occuper ce temps avec quelque chose de nouveau. J’avais 36 ans et je me suis dit “essaye de faire ce que tu es sûr de rater, mais réussis le !” Etant un piètre élève en français et encore plus en rédaction, toujours confus et hors-sujet, j’ai eu envie de libérer mon imagination débordante. Quand je lis une histoire, j’en invente une autre. C’est comme cela qu’est 12 née l’idée d’écrire. Une page, puis dix, puis cent… puis un roman. Et ensuite l’envie de le partager, d’être lu… Depuis, j’ai toujours cette forme d’excitation en écrivant : savoir quelle sensation je vais laisser au lecteur. Félicitation pour votre dernier roman “On l’emportera dans la tombe” sorti le 12 juillet 2023.
Souhaitez-vous nous en dire quelques mots afin d’ouvrir l’appétit de nos lecteurs ?
C’est mon quatrième roman. Et tout comme le troisième, j’y intègre une part de surnaturel et de mystère. Cela démarre comme une enquête banale : un homejacking très violent qui se termine avec deux morts, et le lendemain un suicide très mystérieux. Mais l’un des enquêteurs va se lancer alors dans une investigation personnelle et découvrir bon nombre de coïncidences troublantes. C’est une histoire de cold case qui refait surface. L’occasion de s’apercevoir que les secrets du passé nous hantent à jamais. Et que l’on ne peut pas se cacher éternellement…
D’où vous est venue l’inspiration d’une telle histoire ? Pourquoi verser dans le paranormal ?
Très clairement de mon imagination… Après, d’où vient mon imagination ? C’est toujours très compliqué à déterminer. Je pense d’une part de ma curiosité, et d’autre part de mon attirance vers l’occulte et le surnaturel. C’est un univers qui me fascine, que ce soit au cinéma, dans des reportages ou dans les livres. J’aime retrouver une ambiance qui me met mal à l’aise, qui remet en cause ce que je sais ou crois savoir…
Votre livre a-t-il subi des changements significatifs depuis la première ébauche ?
Je l’ai beaucoup travaillé avec Nelly, mon agent. Avec moi, elle travaille surtout la forme car je suis un auteur qui écrit tête baissée, sans réfléchir. Alors parfois, quand il faut me relire, on se demande si je n’ai pas fumé quelques substances illicites. Il m’arrive de ne pas comprendre moi-même ce que j’ai voulu dire. Par contre mon histoire est bien dans ma tête, j’ai tous les détails, et il est très rare que je change en profondeur le contenu de mon texte.
Comment organisez-vous les recherches pour vos livres ? Si ma question est un peu trop vaste, comment se sont déroulées celles pour votre dernier roman ?
J’aime la solution “potion magique” c’est-à-dire que je mélange de nombreux ingrédients et sources en essayant de leur trouver un liant. Je m’appuie sur des œuvres existantes pour l’inspiration, puis je couple avec des faits divers, des documentaires et des articles. Par contre, attention, je ne suis pas un journaliste et je ne veux pas que mon roman se limite à traiter un sujet. La recherche est importante mais ne doit pas être envahissante. La base de mon roman, c’est d’imposer mon style d’écriture, de cultiver l’imagination et l’originalité.
Vous m’aviez signalé lors d’un salon littéraire être amateur de musique metal. Ça tombe bien. Quel genre de metal écoutez-vous ? Accompagnez-vous l’écriture de vos romans ?
Le Metal est dans ma vie depuis que j’ai 16 ans … après un apprentissage des basiques Rock et Hard Rock, j’ai découvert les différentes sonorités Metal, et depuis, elles ne me quittent plus. Je suis assez ouvert … le Thrash, Death , Nu, Groove, Metalcore, Black, Symphonique…. Je découvre chaque année de nouveaux groupes, en studio ou en festival. La musique m’accompagne dans mon travail mais aussi dans mon écriture. Etrangement, elle m’aide à me concentrer, mais aussi à me défouler. C’est une manière de me vider l’esprit et de recharger les batteries. Aujourd’hui, je ne pourrais m’en passer pour rien au monde…
Si l’occasion se présentait, souhaiteriez-vous coécrire un livre avec un auteur ? Si oui, quel genre choisiriez-vous et en imaginant que tout est possible, avec qui aimeriez-vous écrire ?
Il y a beaucoup d’auteurs que j’apprécie et avec qui j’ai des affinités. Mais en toute franchise, je n’imagine pas écrire un roman avec quelqu’un, je pense que je ne serais ni inspiré, ni efficace. Chez moi, le processus d’écriture est clair : je dois être dans ma bulle, replié sur moi-même. Si je suis dépendant d’une autre personne, c’est la fin du Game. Après, la vérité d’un jour n’est pas celle d’une vie…
Êtes-vous sur un nouveau projet (littéraire ou non) ? Pouvez-vous partagez avec nous votre travail actuel ?
Oui, j’ai terminé un roman depuis plusieurs semaines, et je suis en train de le peaufiner avec Nelly. Il est dans l’esprit de mon second roman “Le Berceau du talion”. Un thriller intense, qui sera de nouveau très centré sur la justice et les thèmes sociaux de notre époque. Contrairement aux deux précédents, il n’y aura pas de notion ésotérique ou paranormale.
J ‘ai ce besoin de jongler entre les styles, pour ne pas m’installer dans une routine d’écriture et une zone de confort. Le premier que j’essaye de surprendre, c’est moi-même.
Décrivez nous votre lecteur idéal
Je dirais avant tout un lecteur avec une grande ouverture d’esprit, qui se remet en question. Celui qui n’a pas peur de s’aventurer dans l’inconnu et n’est pas buté sur un format ou une trame standard. Découvrir un livre, c’est comme un nouveau match qui commence. On ne doit jamais être certain de gagner ou de perdre.
Voici le moment de la carte blanche. Je vous remercie pour le temps que vous m’avez accordé. Je vous laisse le mot de la fin.
Merci beaucoup pour m’avoir accordé ce moment d’échange. A ceux qui liront ces quelques lignes, j’espère pouvoir vous rencontrer en salon pour vous parler de mon univers. Et en retour, je découvrirai ce qui vous fait vibrer.





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