INTERVIEW (Archives): Rosalie Lowie
- Metal'Art Culture
- 5 déc. 2025
- 5 min de lecture
Installée sur la Côte d’Opale, Responsable Ressources Humaines dans une première
vie, Rosalie Lowie se consacre à l’écriture dans différents univers (polar, roman, jeunesse,
nouvelle, théâtre), intervient en écoles, réalise des biographies privées et anime des ateliers
d’écriture. Autrice et romancière, Rosalie Lowie remporte le Grand Prix Femme Actuelle 2017
avec le polar “Un bien bel endroit pour mourir” (Nouveaux Auteurs) et a depuis confirmé son talent
avec un roman historique “Quand bruissent les ailes des libellule” (2020 Nouveaux auteurs), un polar “Dernier été sur la côte” (2021 Nouveaux Auteurs) et (Prix du Polar Nordiste 2022), un roman noir “Mes nuits avec Bowie” (2022 Nouveaux Auteurs). “La Malédiction de Reggio” est son dernier roman publié également chez Les Nouveaux Auteurs le 28 septembre 2023. Il a reçu le Prix du Coup de coeur de l’Académies du Polar 2024.

Bonjour, Rosalie Lowie, vous avez sorti dernièrement votre roman “La Malédiction de Reggio”, pourriez vous en parler un peu pour nos lecteurs ?
Il s’agit d’une nouvelle enquête de Marcus Kubiak, policier, qui mêle vendetta et révélations entre Côte d’Opale et Calabre italienne. En 1970, alors que de violents conflits sociaux agitent l’Italie du Sud, Nullo Strongoli, un entrepreneur despotique et brutal de Reggio en Calabre, voit ses locaux incendiés. Il lance une malédiction contre les coupables, les frères Rossano qui, craignant pour leur vie, s’évanouissent dans la nature... En 2022, à Wimereux, sur la Côte d’Opale, le sympathique tandem d’enquêteurs formé par le policier Marcus Kubiak et son intrépide compagne la journaliste. Zoé Rousseau est confronté aux tragiques enlèvements de deux jeunes garçons. Se pourrait-il que ces rapts aient un rapport avec les événements de Reggio, survenus cinquante ans auparavant ? Difficile à imaginer... Entre découvertes macabres et vengeances familiales, Marcus et Zoé vont faire face à des péripéties aussi mouvementées que périlleuses !
Comment vous est venue l’inspiration de ce dernier ?
Je ne souhaitais pas me cantonner à la Côte d’Opale pour cette 3è histoire, j’avais envie d’insuffler un vent d’ailleurs, toujours autour du bord de mer. Je voulais un point de départ dans les années 70, en Italie, pour la dimension tragique que je souhaitais donner à
l’intrigue. En effectuant mes recherches, je suis tombée sur ces événements post-soixante-huitards, avec des grèves nationales, des blocages, des attentats à la bombe. Un mélange de dynamite sociale, politique et maffieuse. J’ai été fascinée par l’ampleur des faits que je méconnaissais, la dramaturgie de cette période. J’avais trouvé le creuset de mon histoire que
j’ai bien évidemment inventée de toutes pièces entre ces deux familles, un patron et un syndicaliste. Sans doute un clin d’oeil (poussé à l’extrême) à mon ancien métier de Responsable Ressources Humaines. Je voulais aussi que ce soit cohérent avec l’immigration
dans les Hauts-de-France et l’idée de deux côtes qui se font écho me plaisait aussi beaucoup. Ma trame autour de disparitions d’enfants était sous-jacente, avec les thématiques de l’enfance, la maternité et de vendetta. La notion de vengeance est terrible dans ce polar, surtout dans les dernières pages du roman. Comme le rappelle la citation d’Alexandre Dumas,
un auteur que j’affectionne particulièrement, mise au début du livre : “La haine est aveugle, la colère étourdie, et celui qui se verse la vengeance risque de boire un breuvage amer”.
Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de devenir écrivain ?
J’aime les histoires, les livres, lire. J’ai une imagination foisonnante, l’envie de coucher sur le
papier les histoires qui peuplent mon crane. Depuis toujours l’envie était là, il me fallait juste oser et me faire confiance ! Cela m’a demandé du temps. C’est à la naissance de ma fille que j’ai écrit des histoires jeunesse, puis de fil en aiguille, un roman, puis un polar.
Entre votre intrigue et vos personnages, qu’est-ce qui est essentiel pour vous ? Pourquoi ?
Les deux! Une bonne intrigue est indispensable pour réaliser un polar, mais elle doit s’appuyer sur des personnages bien campés, qui présentent une densité et un relief qui les rendent réels pour le lecteur. Je suis très attachée à la psychologie des personnages, comprendre ce qui les amène à basculer, à franchir la limite, à devenir meurtrier ou à se complaire dans une position de victime.
Y a-t-il des personnages dans vos livres qui ont des similitudes avec vous ou avec des personnes que vous connaissez ? Faites-vous des clins d'oeil à des amis, connaissance ou personnalité dans vos romans ?
Pas vraiment ou de façon inconsciente. J’imagine mes personnages à 99% mais il se peut que
je distille des clins d’oeil à certains, sur des morceaux de scènes, de dialogue. Dans ce cas, ces clins d’oeil ne sont compréhensibles que par les intéressés, pour l’instant. Mais je ne m’interdis rien dans les prochains romans.
Combien de temps passez-vous en moyenne à l’écriture d’un roman ?
Cela tourne autour d’une année, entre l’idée, la genèse du roman, les recherches, l’écriture et les différentes phases de réécriture, de mise au repos et de relectures.
Quel est votre espace d’écriture ? Dans quelles conditions travaillez-vous de manière optimale ?
Mon bureau et mon canapé. Avec un fond de musique cool, plutôt en anglais pour ne pas être perturbée par les paroles, avec mes chats et un café.
Question difficile. Pourriez-vous me définir le lecteur idéal ?
Une personne curieuse, ouverte à découvrir nos nouveautés, nos tentatives de renouveau, parfois maladroites, faisant preuve de critique constructive. Une personne qui s’engouffre dans le roman avec l’envie de dévorer les pages mais qui prend le temps de savourer l’écriture aussi. Une personne qui porte ensuite votre livre vers d’autres pour le partager, le
faire découvrir, l’offrir autour de lui.
Est-ce que l’établissement de relations avec d’autres auteurs améliore vos compétences en écriture ? Comment ?
Cela permet d’être moins seule, de sortir de l’isolement de l’écriture, de partager ses difficultés, d’apprendre de nouvelles techniques ou façons de travailler. C’est clairement une richesse ! C’est aussi une raison qui me fait aimer les salons ou le collectif des louves du polar.
Curiosité oblige. Êtes-vous sur un nouvel ouvrage ? Peut-on en savoir plus ?
Un nouveau polar junior “Panique au Channel” est sorti en mai. C’est mon 3e jeunesse chez Aubane Éditions. Il est question de fantôme, de clown, dans l’enceinte de la scène artistique du Channel à Calais dont les bâtiments sont les anciens abattoirs de la ville. Sinon, je suis
sur l’écriture de mon 4e polar. De nouvelles aventures pour Marcus Kubiak et Zoé Rousseau, mais il est encore trop tôt pour pouvoir en dire plus. J’espère une sortie en 2025.
Un grand merci à vous pour votre gentillesse et surtout je vous remercie grandement d’avoir accepté de figurer dans les pages du Metal’Art.





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