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INTERVIEW (Archives) : Ludovic Miserole

  • Pirard Marvin
  • 3 juil.
  • 7 min de lecture

Après le succès de son premier ouvrage "Rosalie Lamorlière", dernière servante de Marie-Antoinette, Ludovic Miserole nous invite à nouveau à rencontrer un personnage méconnu de notre histoire.

Avec un talent indéniable, il combine la vérité historique, puisée minutieusement dans les sources, et l’invention, autrement dit, il marie subtilement histoire et fiction pour mettre en scène un passé révolu. Derrière le portrait de Zamor se dessine, en filigrane, celui des héros – les grands, que nous connaissons, comme les anonymes, les "humbles" qui ont œuvré dans l’ombre – d’une France révolutionnaire et post-révolutionnaire. Il nous revient après la trilogie sur les crimes du marquis de Sade avec son dernier livre « La belle de Caux » sorti le 14 juin 2022 dans les éditions IFS (Phénix Noir)



Tous droits réservés :
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  • Qui est Ludovic Miserole ?


Je suis resté l’enfant rêveur que j’étais au siècle dernier, quand je vivais dans le Nord de la France, à 7 kilomètres de la frontière avec la Belgique. Excepté les quelques rides supplémentaires sur le front de l’homme de bientôt 49 ans que je suis aujourd’hui, je pense ne pas avoir tant changé que ça finalement. Mes rêves et mes envies sont les mêmes. Je continue à m’émerveiller des petites choses de la vie. Le seul hic, c’est que les petits tracas et soucis du quotidien ne sont plus les mêmes. Ils ont grandi en même temps que moi. Hélas !


  • Quel est votre parcours ?


J’étais un élève assez appliqué dans le primaire et au collège. Ça s’est un peu gâté au lycée. L’adolescence fut un passage assez compliqué. Ceci explique peut-être cela. J’ai quand même décroché un BAC littéraire, puis je me suis dirigé vers une fac d’anglais. J’ai dû renoncer aux études pour diverses raisons. J’ai effectué mon service militaire dans la police, à Paris, puis j’ai enchaîné divers petits boulots de magasinier à caissier de supermarché, puis j’ai tenu un vidéo club pendant 3 ans. Je me suis engagé ensuite dans la sécurité routière. Ma grand-mère avait été grièvement blessée dans un accident de circulation. Cet événement a eu de graves conséquences pour elle comme pour moi. J’ai donc appris la conduite à des jeunes avant de devenir inspecteur des permis de conduire. J’ai quitté cet emploi il y a deux ans, mais je travaille toujours pour la sécurité routière, ici en Normandie où je vis depuis plus de vingt ans.


  • Vous avez écrit beaucoup de livres à caractères historiques (Les crimes du marquis de Sade en trois volumes, Zamor, Rosalie Lamorlière…). Pourquoi ce choix ?


J’ai toujours été, d’aussi loin que je me souvienne, passionné par l’Histoire. Je n’ai envisagé l’Histoire comme quelque chose de poussiéreux et de statique. L’Histoire est parsemée de destins extraordinaires. Ce sont des gens qui, comme nous aujourd’hui, avaient des aspirations, des joies, des peurs. On a trop tendance à regarder ces gens comme des visages figés sur des toiles dans les musées. Je vois au-delà de ça. On enseigne l’histoire aujourd’hui par des successions de dates et d’événements à retenir. Je pense que, si comme tant d’autres choses, on remettait l’humain au milieu de tout ça, l’histoire serait beaucoup moins indigeste pour les gens que cette matière peut rebuter. L’histoire est un véritable roman. Un roman où, en plus, tout est vrai.


  • Pour la belle de Caux, il est noté en quatrième de couverture de votre dernier roman que vous prenez plaisir à raconter le destin de gens ordinaires ayant vécu des choses extraordinaires. Pourquoi la belle de Caux ? Vous avez justement dit qu’il y a énormément de personnage dans ce genre de cas, quels sont vos critères pour sélectionner vos personnages ?


Oui, j’aime raconter l’histoire de gens ordinaires qui ont vécu des choses extraordinaires. On raconte toujours les mêmes choses sur les puissants d’hier et d’aujourd’hui, mais on oublie que l’Histoire ne serait pas ce qu’elle est s’il n’y avait eu des gens du peuple pour la faire bouger, pour se révolter, pour aller sur les champs de bataille. Ce sont eux, ces anonymes qui, à mes yeux ont un parcours intéressant. Il est plus facile pour le lecteur de s’identifier à eux plutôt qu’à des comtes, des princes ou des reines. Pour la Belle de Caux, le sujet me trottait dans la tête depuis un moment. J’étais enfermé dans le 18e siècle depuis un moment. Je venais de terminer ma trilogie sur les femmes ayant été impliquées dans les crimes du marquis de Sade et je voulais quelque chose de plus léger, de différent. Déjà pour ne pas que l’on me mette dans la case « historien du 18e siècle », mais aussi pour moi. Je devais me prouver que j’étais capable de faire quelque chose de différent. Et avec l’OLNI (objet littéraire non identifié) qu’est La Belle de Caux, je pense avoir relevé ce pari avec moi-même et avoir surpris plus d’un lecteur. Ce choix, je le dois aussi à un vieil ami de 80 ans qui a eu la chance de connaître cette Belle Cauchoise. Je le questionnais souvent sur elle. Elle a connu grandeur et décadence. Elle a partagé tant de moments avec des grands de ce monde. Je trouvais ce destin hors du commun très touchant. Tout cela s’est passé à une vingtaine de kilomètres à peine de chez moi. Je me suis donc rendu là-bas, j’y ai vu les traces de son passage, j’ai interrogé les villageois, me suis rendu au cimetière. J’ai amassé quantité de documents et de témoignages. Quand je commençais à me mettre à l’écriture, le COVID est arrivé. Quelque part, pour moi, le confinement est arrivé à point nommé et m’a permis d’écrire ce livre en quelques mois.


  • Vous faites partie actuellement des auteurs ayant signé chez IFS (Phénix noir). Pourriez vous nous parler un peu de votre sentiment au sein de cette équipe qui parait tellement familiale ?


Comme vous avez raison ! C’est vraiment le mot qui convient pour décrire l’ambiance qui règne au sein de cette maison d’édition. Je connais Salvatore et Marc-Olivier depuis plusieurs années. On rigolait beaucoup sur les salons. Ils avaient manifesté leur volonté de travailler avec moi, mais, à l’époque, je n’étais pas libre. Puis, les circonstances ont fait que nous avons pu enfin concrétiser cette envie que nous avions de part et d’autre. Ce sont des éditeurs à l’écoute. Ils se démènent chaque jour pour faire vivre cette maison. Ils ont le souci de faire plaisir à leurs auteurs et parfois même de leur faire des surprises, comme cette fois où, au salon des Mines Noires, ils se sont démenés pour que la réédition de mes deux premiers romans se trouvent sur ma table alors que les exemplaires sortaient tout juste de chez l’imprimeur. Ils sont incroyables. Cette bienveillance rejaillit sur toute l’équipe. De belles amitiés se sont nouées chez IFS, tant du côté des éditeurs que des auteurs. Il n’y a qu’à voir l’ambiance que l’on met sur les salons sur lesquels nous nous retrouvons.


  • Vous êtes apparu récemment dans une vidéo sur Twitch (Soirée Auteurs avec Sébastien Theveny et Ludovic Miserole sur la chaîne d’un autre auteur de IFS : Frederic Ernotte). Que pensez-vous de ce passage en interview avec un collègue auteur ?


Frédéric est probablement l’une de mes plus belles rencontres chez IFS. Comme moi, c’est un rêveur. Fred est un être discret. On parlait de bienveillance tout à l’heure, et bien, Fred est l’incarnation même de cette bienveillance qui règne chez IFS. Il a toujours le mot gentil, l’attention qui vous touche en plein cœur. Ce passage sur sa chaîne Twitch a été un grand moment. On a parlé à cœur ouvert. Il a le chic pour nous amener à lui faire des confidences. C’était un moment hors du temps où l’émotion était palpable.


Etant un magazine musical de base et ayant un style plus particulier par rapport aux autres auteurs au sein de votre maison d’édition, quel serait le style de musique conseilleriez-vous pour accompagner la lecture de vos romans ? Si c’est trop compliqué à donner pour l’intégralité de vos œuvres, donnez-moi juste un style pour la lecture de « La belle de Caux ».


On a tendance à croire que la musique classique convient le mieux aux livres historiques. Ce n’est pas mon cas. Quand j’écris, j’écoute vraiment de tout. Ça va de la pop, au jazz, en passant par Massive Attack, Springsteen, Nirvana, ACDC, Guns and roses, Nine Inch Nails. Tout dépend de ce qu’il se passe dans le chapitre. C’est plutôt le rythme de l’action qui détermine la musique, pas l’époque.



  • Vous êtes à l’heure au je vous pose ces questions, planifié pour une rencontre auteur/lecteur au salon de l’iris noir à Bruxelles le 29/30 octobre 2022 ? Avez-vous déjà d’autres évènements de prévu en Belgique ou dans ses alentours ?


L’Iris Noir est un salon que j’adore. Il y règne une ambiance très particulière. C’est dans ce salon que j’ai noué une amitié incroyable avec l’une des bénévoles. Je ne peux que conseiller à vos lecteurs d’y venir faire un tour. Ils se rendront très vite compte par eux-mêmes de ce petit truc spécial qu’il flotte là-bas.


Je vais revenir en Belgique en novembre, le 13 pour la Nuit Blanche du Noir à Mons. La veille, je signerai aussi à Belgrade, près de Namur. Il y aura peut-être quelque chose aussi de prévu, durant ce week-end, à Brussels. Pour plus de précisions, un passage sur ma page Facebook dans les semaines à venir et vous saurez tout.


  • C’est un peut-être un peu tôt vu que « La belle de Caux » est sorti le 14 juin 2022 mais êtes vous déjà sur un nouveau projet ?


En fait, je n’arrête jamais. J’ai tant de projets en tête que je ne sais pas si je vais être en mesure de tous les concrétiser. Mais oui, je travaille sur quelque chose en ce moment. En fait, j’essaie plutôt. Car avec la réédition de Zamor, le nègre républicain et de Rosalie Lamorlière, dernière servante de Marie-Antoinette, j’ai été sollicité par les médias et j’ai dû me rendre à Paris à plusieurs reprises. J’y étais encore hier d’ailleurs. Je vais m’y remettre, promis. Le livre n’avance pas beaucoup, mais ce devrait être un peu plus calme prochainement. Je vais donc retrouver très vite ce personnage au destin incroyable.


  • Je vous remercie d’avoir accordé un peu de votre temps pour répondre à mes questions. Souhaitez-vous laisser quelques mots pour nos/vos lecteurs ?


Ne laissez personne vous dire que vous n’y arriverez jamais. C’est votre vie, pas la leur.





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