top of page

INTERVIEW (Archives) : Armelle Carbonel

  • Metal'Art Culture
  • 14 nov. 2025
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 nov. 2025

Armelle Carbonel est une auteure de romans policiers. Elle consacre la majeure partie de son temps libre à l’écriture et travaille parallèlement dans le domaine de l’infrastructure pour le ministère des Armées. Surnommée “la nécromancière”, elle voue une affection particulière aux huis clos.Mère d’un enfant, Armelle Carbonel vit en Nouvelle-Aquitaine.

Tous droits réservés :
Tous droits réservés :

  • Bonjour Mme Carbonel, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

    Avec cinq romans publiés à mon actif, on me surnomme “La Nécromancière” en raison de mon inclination à faire vivre des lieux abandonnés. Mon univers est axé sur les atmosphères dérangeantes propres aux histoires à huis clos. La psychologie des personnages n’est pas en reste et j’y attache une attention particulière. Mais mon parcours n’a rien d’une promenade de santé. J’ai débuté en autoédition en 2009 avant de franchir le cap de l’édition à compte d’éditeur en 2015 - un périple jonché d’expériences “violentes” mais très enrichissantes.

  • Pourquoi être devenue écrivain ? Pourquoi le style polar ?

    J’écris depuis l’âge de huit ans et je ne me suis jamais posé la question du « pourquoi ». Je suppose que c’était inscrit quelque part ! J’ai longtemps souhaité partager mon “univers” et cela ne pouvait exister sans publication. Mais je ne pense pas appartenir au genre “Polar”. Je sévis davantage dans le thriller, voire le roman d’ambiance. Cette voie s’est dessinée quand j’étais très jeune. Outre la présence d’un traumatisme intime, j’ai vécu un évènement marquant en lien avec une maison que j’appelle encore aujourd’hui “la maison rouge”. Il semble évident que mon attachement aux lieux découle directement de cet épisode de ma vie. Petite anecdote visant à le démontrer : mon premier roman (écrit à 12 ans) portait le titre “Etrange demeure”. Un hasard  ? Je ne crois pas… (sourire). Je souffre d’anxiété mais la fiction “d’angoisse” me détend ; j’aime la vie mais je sème la mort entre deux lignes ; je prône la lumière mais je projette toute sorte d’ombres que je redouterais si ces dernières s’inscrivaient dans ma réalité ! La littérature noire est un formidable terrain de jeu pour mes paradoxes.

  • Entre votre intrigue et vos personnages, qu’est-ce qui est essentiel pour vous ? Pourquoi ?

    Une bonne intrigue sans personnages forts me paraît vouée à l’échec. Si je devais vraiment privilégier l’un ou l’autre, l’intrigue serait donc secondaire. Toutefois, il existe un autre point essentiel que je place au premier plan : l’atmosphère. Mes histoires se déroulant majoritairement à huis clos, j’attache un soin particulier au frisson et cet aspect passe par l’imprégnation des lieux. Je suis très “sensorielle” dans l’écriture. Imaginer ne suffit pas. Il me faut voir, sentir, entendre, vivre l’environnement dans lequel évoluent mes personnages. À eux seuls, les murs ont une histoire à raconter ! J’ai conscience de mon approche “étrange” - d’aucuns diraient ésotérique – qui se rapporte généralement au roman d’épouvante. Et pourtant, le rationnel trouve toujours sa place dans mes romans. Lorsque les conditions sont réunies – isolement, lieu désolé -, qui n’a pas sursauté au grincement d’une porte ? Frémi à la vue d’une ombre glissant sur un mur ? Et pourtant, il aura suffi d’un courant d’air et d’un oiseau passant derrière une vitre pour générer la peur… Conditionné par nos croyances, le rationnel endosse parfois d’autres visages. Et c’est exactement là que réside l’essence même de mes romans.

  • Parmi les livres que vous avez écrits, lequel vous a donné le plus de plaisir à écrire ? Peut-on en savoir plus ?

    “Sinestra” demeure, à ce jour, ma plus belle expérience d’écriture faite de plaisir et de douleur. Plaisir de me fondre dans le Val éponyme. Douleur de ne rien maîtriser. J’ai eu la sensation de raconter une histoire “vraie” avec de “vrais” personnages. J’écrivais au fil de l’eau, sans rien savoir du chapitre suivant, et c’est comme si les orphelins du Val Sinestra avaient pris possession des pages blanches. Je les entends encore me souffler la manière dont ils ont échoué dans cet enfer perdu au milieu des forêts de Mélèzes ; je les entends me raconter leur enfer, à moi, simple main prise d’une frénésie indépendante de ma volonté. Prétendre se sentir contrôler par ses personnages peut paraître cliché de la part d’un auteur. Dans ce cas précis, j’assume totalement l’étiquette du lieu commun ! Mais rien ne saurait réduire mon ressenti à une simple banalité.

  • Lequel de vos livres a-t-il demandé le plus de recherches ? Dans quel domaine ?

    “L’Empereur Blanc” a nécessité des recherches sur des thèmes variés. Notamment, l’Histoire de la ségrégation raciales aux Etats-Unis et de fait, sur le Ku Klux Klan. Dans un autre registre, j’ai étendu mes recherches en psychologie afin d’apporter une vision crédible de l’ensemble. Le lieu, – toujours –, a exigé toute mon attention pour parvenir à décliner deux temporalités. Parfois même pour des détails susceptibles d’échapper aux lecteurs. Imaginez, j’ai pris contact – dans un très mauvais anglais - avec les pompiers de Shannon Hills pour obtenir des informations. Et plus incroyable encore, le “Fire Départment” a eu la gentillesse de me répondre ! Plus sérieusement, les thèmes abordés ne souffraient pas l’approximation. Votre dernier roman “Enigma” est axé sur un thème un peu particulier, à savoir celui d’un orphelinat abandonné et plein de mystères. Ce sujet est plutôt utilisé dans le cadre des romans d’horreur et d’épouvante. Pourquoi ce cadre  ? Vous l’aurez compris, “Enigma” ne fait pas exception à la règle. J’utilise toujours des lieux existants pour placer mes intrigues. Le mystère qui les entoure nourrit mon imaginaire. Je m’approprie ce qu’ils révèlent et apportent mon propre éclairage. Pour l’orphelinat de Beaumont-LaRonce, j’ai eu la chance de pourvoir visiter et filmer avec l’autorisation du propriétaire. Une expérience inédite que j’espère réitérer pour les besoins de mes prochains (nombreux) romans ! Comme évoqué plus haut, la nuance entre le thriller et l’épouvante tient à l’intention de l’auteur. La mienne s’inscrit dans une 15 réalité déformée… C’est tout.

  • Comment est votre espace d’écriture  ? Quelle est l’ambiance que vous privilégiez pour l’écriture de vos romans ?

    J’ai besoin de créer un cocon autour de moi. Dans mon espace de travail, vous trouverez donc un bureau noir (assez ordonné !), décoré d’objets insolites (crânes, bougeoirs anciens, flacons – vides ! - de poison…) et des stylos que je collectionne. Il me faut également la présence de livres, d’où la présence de trois bibliothèques à proximité. Je privilégie les ambiances feutrées, lumières tamisées mais toujours en musique, classique ou Metal selon l’intention du moment.

  • Qui est votre plus grand supporter  ? Votre famille vous soutient-elle dans votre carrière d’écrivain  ?

    Mon fils est mon plus fidèle supporter ! Il sait l’importance d’encourager les personnes qu’on aime. Ça ne signifie pas pour autant qu’il aime les livres, au contraire ! Il déteste lire. Lui, ce sont les mathématiques qui le passionnent depuis son plus jeune âge. De fait, je suis également sa plus grande supportrice pour l’inciter à réaliser ses rêves ! Je suis issue d’une lignée d’auteurs non publiés - ou oubliés. Et dans l’ensemble, ma famille m’encourage à ne rien lâcher quand le doute s’installe. Autant dire souvent !

  • Etes-vous déjà sur un nouveau roman ou un nouveau projet  ?

    Je travaille sur mon prochain roman, “La Monstrueuse” (titre provisoire), qui m’entraîne dans une ferme située à Akron dans l’Etat de l’Ohio. Toute la magie de l’écriture tient à la capacité de voyager par projection mentale. Je n’ai pas toujours la possibilité de me rendre “physiquement” là où mon imaginaire décide de s’évader, alors je me documente, utilise tous les moyens à ma disposition pour me “téléporter” sans quitter mon bureau. Pour les besoins et la cohérence de cette intrigue, je m’échappe une nouvelle fois aux Etats-Unis. Il sera question de perversion et de déni… Chut ! Parallèlement, je me lance un nouveau défi en quittant ma zone de confort pour emprunter les chemins noirs et aventureux du sociétal teinté d’humour. À suivre… !

  • Qu’aimeriez-vous que vos lecteurs sachent, souhaiteriez-vous leur laisser un message ?

    J’aimerais leur dire que sans leur sensibilité, la mienne ne vaut pas tripette ! Et que j’ai grand bonheur à ces échanges privés prolongeant l’aventure qui, au départ, ne comptait que quelques centaines de pages… pour durer finalement des années !



René Manzor "L'ombre des innocents"s



Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page