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INTERVIEW (Archives) : Anouk Shutterberg

  • Pirard Marvin
  • 7 août
  • 5 min de lecture

Anouk Shutterberg est une autrice française spécialisée dans les romans policiers et les thrillers. Après des études de droit et de communication, elle a travaillé dans le milieu de l’art contemporain, une expérience qui a inspiré son premier roman, Jeu de peaux, publié en 2021.

Ses œuvres se distinguent par des intrigues sombres, un suspense intense et des personnages complexes. Elle a également écrit Bestial, La Nuit des fous et In Extremis, qui lui ont valu plusieurs récompenses littéraires.

Membre du collectif Les Louves du polar, Anouk Shutterberg est aujourd’hui considérée comme l’une des voix prometteuses du thriller français contemporain



Tous droits réservés :
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  • Qui est Anouk Shutterberg ?


Ce que je fais : je suis l’auteure de deux thrillers Jeu de Peaux paru en mai 2021 chez Plon qui a reçu le prix l’automne sera noir et de Bestial également chez Plon et qui a reçu en novembre 2022 le prix découverte Iris Noir à Bruxelles.

Ce qui je suis : J’ai un côté hyperactif avec 100 idées à la minute ce qui je dois avouer est parfois fatiguant et compliqué à canaliser. Difficile aussi à vivre pour mon entourage. (rires)

Je suis une cinéphile passionnée. Fan d’arts martiaux, je suis ceinture noire de Nihon taijitsu et j’adore le tir à l’arme automatique. J’aime les énigmes à plusieurs niveaux, les vrais casses têtes.


  • Votre parcours

J’ai fait un master de droit puis j’ai ensuite bifurqué sur des études qui faisaient d’avantage appel à mon imaginaire. J’ai donc fait une école de communication dans l’idée de m’occuper de la notoriété d’artistes avec le souhait de devenir un jour galeriste. Ce que j’ai fait quelque temps avant de monter ma propre structure de concepteur rédacteur.

  • Auteure de Jeu de Peaux et de Bestial vous y faite apparaitre dans les deux romans les policiers Stéphane Jourdain et Lucie Bunevial. Vont-ils devenir des personnages récurrents et revenir dans de prochaines aventures ou avez-vous prévu de ne plus les utiliser par la suite ?


On retrouvera le commandant Stephane Jourdain dans mon troisième thriller. Je vous livre un petit scoop. Il ne fait plus partie de la 1ère DPJ au Bastion. Il est muté dans une autre unité de la police. L’OCRVP : l’office central pour la répression des violences aux personnes. Une sorte de FBI à la française. À la tête d’une nouvelle équipe il y aura d’autres personnages qui vont émerger. Je pense déjà à mon quatrième, dans un style totalement différent. Ces personnages ne figureront pas. Je pense qu’il est bon parfois de laisser ses personnages récurrents pour les reprendre plus tard. Jourdain reste une pièce maitresse dans mes thrillers.


  • Vous nous avez fait voyager dans diverses cultures, différents pays et époques. D’où vous vient votre inspiration ? Comment se déroule votre recherche ?


Dans jeu de peaux dont l’énigme tourne autour du tatouage japonais ancestral l’Irezumi, il était impensable de faire l’impasse sur ce pays. Je suis allée au Japon mais jamais sur l’ile d’Hokkaido. J’ai donc passé de nombreux jours à visionner des reportages pour m’imprégner des lieux. Pour Bestial, j’ai découvert le lac Prespa qui se situe entre les frontières de la Grèce, de la Macédoine et de l’Albanie. Ce lac présente des singularités que j’ai découvertes au cours de mes recherches. Des particularités précieuses dans le dénuement de l’enquête. J’essaye à chaque fois de faire découvrir des lieux particuliers aux lecteurs. Ces travaux de recherches outre celle sur les procédures judiciaires représentent 60% de mon travail avant même l’écriture.


  • Vous avez gagné le prix découverte de L’iris Noir avec Bestial . Quel est votre ressenti après avoir été récompensée ?


Il n’y a pas de mots pour exprimer le bonheur ressenti ce jour-là. Il restera gravé à jamais dans mon esprit. C’est l’aboutissement d’un an de travail : une récompense ultime. En plus, ce salon est juste extraordinaire. La salle était pleine à craquer de lecteurs passionnés. C’est un rendez-vous incontournable pour tous les auteurs !



  • Etes-vous déjà sur un nouveau roman ? Pourrait-on en savoir plus.


Je viens de terminer mon troisième roman. J’y travaille depuis un an. C’est un roman très particulier car il s’inspire d’un dossier familial assez douloureux. Un secret de famille. Je me suis dit qu’il fallait que j’en fasse quelque chose.

Cela soulève beaucoup d’émotions. J’ai passé déjà beaucoup de temps à retranscrire de nombreuses lettres anciennes. C’est une double enquête. Je mène une enquête personnelle pour rechercher des informations sur un membre de ma famille et en parallèle j’écris une enquête directement inspirée de ce secret familial.

Ce sera un thriller plus psychologique. Il est question d’un événement dans un hôpital psychiatrique dans les années 70 dont les répercutions resurgissent dans une temporalité actuelle.


  • Votre biographie mentionne que vous êtes passionnée d’art contemporain. Pourriez-vous nous parler de vos goûts artistiques ?


Je suis un artiste que j’ai d’ailleurs acheté dans une galerie bruxelloise. Il s’agit de François Bard. Ses grandes toiles sont comme des photographies d’instants de rue. J’ai également un Vincent Corpet. J’adore son travail dans lequel il réinterprète de grands classiques de la peinture. Gael Davrinche également qui m’a fait l’honneur de peindre mon portrait. Un beau cadeau.

Je suis le travail d’un jeune artiste qui monte Etienne Caille, Olivier de Sagazan, H Craig Hanna…

Mon peintre ancien préféré reste Jérôme Bosch totalement fascinant et d’une modernité inégalée pour un peintre du 15ème.


  • Votre écriture est-elle influencée par d’autres auteurs que vous affectionnez ? Un ou plusieurs qui vous a plus marqué par ses histoires ou sa manière d’écrire ?


J’aime les descriptions de scène de crime de Jean Christophe Grangé. Totalement fan de Pierre Lemaitre et de Fred Vargas. Mais ma plus grande inspiration reste le cinéma. Tarantino et Guy Richtie, les frères Cohen aussi. Ce que j’apprécie dans ces trois réalisateurs c’est l’humour qu’ils peuvent mettre dans des instants dramatiques. Quand j’écris j’ai souvent en tête des scènes qui m’ont particulièrement marquée.


  • Faire éditer ses ouvrages n’est pas une chose aisée. Comment cela s’est déroulé pour vous ?


J’ose à peine le dire car tant d’auteurs galèrent. Pour ma part, j’ai envoyé mon manuscrit Jeu de Peaux à plusieurs éditeurs. C’était un mercredi. Quatre jours plus tard, je recevais un sms de la part de mon éditrice actuelle : « J’ai adoré. Peut-on se voir lundi ou mardi prochain ? ».


  • Où peut-on consulter votre agenda de rencontre littéraire ?


J’ai des comptes ouverts au public sur FB et Insta dans lesquels j’informe de mes salons. Il faut que je fasse un site internet mais je n’ai pas encore trouvé le temps.


  • Souhaitez-vous dire quelque chose de plus à tous ceux qui liront ces lignes ?


Je veux tout d’abord remercier mes lecteurs. J’adore lorsque à l’occasion de salons ils viennent me voir pour échanger sur mes livres. C’est totalement fou quand j’y pense ! Ce sont des moments intenses et privilégiés. Parfois, ils se confient sur leur propre vie. C’est tellement enrichissant.


Je suis infiniment reconnaissante pour tous les libraires qui m’accueillent et me recommandent et aussi ces chroniqueurs et chroniqueuses. Des bloggeurs passionnés qui me font de magnifiques retours de lecture.


C’est une belle synergie. C’est grâce à toutes ces personnes que je me fais connaître du public, un peu plus tous les jours.



René Manzor "L'ombre des innocents"s



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