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CHRONIQUE: La Divine Comédie

  • Pirard Marvin
  • 19 juin
  • 3 min de lecture


Auteur: Dante Alighieri

Roman: La Divine Comédie

Nombres de pages: 630

Editions: Flammarion / Corpus GF

Date de sortie: 12/11/2025 (mais en réalité entre 1303 et 1321)



Synopsis:


Peut-on encore aujourd'hui aimer Francesca, être troublé par Ugolino, trembler aux tourments des damnés de la Comédie ? L'Enfer de Dante, poétique et médiéval, n'a-t-il pas pâli irréparablement auprès des Enfers tout proches, et actifs, que notre époque n'a pas encore fini, semble-t-il, de susciter ? L'imagination créatrice de Dante est si puissante, et si précise, qu'elle semble décrire par avance, parfois, l'inimaginable horreur moderne.

Le gigantesque entonnoir de l'Enfer, qui se creuse jusqu'au centre de la terre, est dépeint comme le réceptacle de tout le mal de l'univers, comme une sorte de sac où viennent s'engouffrer tous les noyaux, tous les atomes de mal épars sur la planète. Mais nous lisons aussi autre chose dans L'Enfer plus que le catalogue effrayant des péchés et des châtiments possibles, il correspond pour nous au départ de l'exploration, à la première étape du grand roman initiatique d'une civilisation qui est la racine de la nôtre.


Chronique:


Oyez, oyez, gens de noble et humble condition,

Qu’il soit conté céans la louange d’une œuvre singulière et souveraine : La Divine Comédie du florentin Dante Alighieri, lequel, par la force de son verbe et la profondeur de sa pensée, a dressé un pont entre la terre des mortels et les sphères éternelles.

En ces vers d’une rare noblesse, le poète nous mène par maints sentiers obscurs et lumineux, traversant les royaumes de l’Enfer, du Purgatoire et du Paradis, où chaque âme reçoit selon ses œuvres et son vouloir. Ainsi Dante, guidé par le sage Virgile puis par la pure Béatrice, dévoile aux hommes les mystères du jugement divin, mêlant doctrine et poésie en une harmonie fort parfaite.

Ce qui donne à cette œuvre grand relief et véridique saveur, c’est l’insertion de maints personnages bien connus de son siècle. Princes, papes, guerriers et traîtres y sont placés selon leurs mérites et leurs fautes, si bien que le lecteur voit reflétées les turpitudes et les vertus du monde réel. Par telle ordonnance, le poète fait œuvre de justice et de mémoire, et son chant devient miroir des âmes humaines.

Il sied de considérer que si, par aventure, semblable ouvrage devait être transposé aux âges présents, d’autres figures, plus récentes, pourraient y être jugées et assignées aux lieux qui leur conviennent. Car, tout comme jadis Dante plaça ses contemporains pour illustrer les vices et les châtiments, il serait loisible aujourd’hui d’y voir figurer des hommes tristement renommés pour leurs crimes et noirceurs — tels que tyrans sanguinaires ou malfaiteurs notoires — afin que toujours la leçon morale subsiste et parle aux consciences de chaque temps.

Car telle est la grande vertu de La Divine Comédie : elle n’est point seulement récit d’un voyage, mais jugement universel où chaque époque peut se reconnaître. Elle enseigne que nul ne saurait fuir les conséquences de ses actes, et que l’âme, égarée ou vertueuse, tend toujours vers une fin qui lui est propre.

En vérité, cette œuvre est trésor inestimable, où se conjuguent théologie, philosophie et art poétique. Qui la lit avec cœur humble et esprit attentif trouvera non seulement délectation, mais aussi enseignement pour guider sa vie.

Ainsi donc, qu’il soit dit et retenu : Dante, en son verbe immortel, a donné aux hommes un miroir de justice et un chemin vers la lumière, et son chant, franchissant les siècles, demeure vive flamme pour éclairer le destin humain.




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