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INTERVIEW : David Belo

  • Pirard Marvin
  • il y a 4 jours
  • 8 min de lecture

Né en 1982 en Picardie, David Belo est un auteur et artiste français au parcours singulier. Artisan peintre-décorateur de formation, il développe parallèlement un travail artistique reconnu, notamment à travers des portraits d’auteurs de romans noirs exposés lors de nombreux salons du polar. Passionné de thrillers, de films d’horreur et de récits sombres, il se lance dans l’écriture au début des années 2020. Ses romans explorent les traumatismes, la psychologie humaine et les zones d’ombre de l’existence, comme en témoignent *Opatoma*, *Mon ami Charly* et son dernier roman *Papillon de nuit*. Son univers artistique se prolonge également via son site belodavid.com, véritable vitrine de son travail pictural.



Tous droits réservés :
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  • Vous êtes artisan peintre-décorateur de formation : en quoi ce métier a-t-il influencé votre regard sur le monde et votre écriture ?


En deux mots : créativité et embellissement. J’ai la chance d’avoir une clientèle fidèle qui me fait confiance. En général, j’ai carte blanche. Les plafonds jaunis, les murs décrépis, les boiseries écaillées. Je propose ma vision, une décoration, des harmonies de couleurs. Je ponce, je façonne, je répare et je peins. La récompense ? Hormis la facture ;) ! Des clients heureux et satisfaits. C’est la même chose en littérature. Je rêve, j’imagine, je crée, je m’exprime et, enfin, je contemple le résultat dans vos yeux. ( seule différence : la facture ! LOL. Évitons le sujet )


  • À quel moment avez-vous ressenti le besoin de passer du pinceau à la plume ?


Il faut savoir que je n’aime pas lire. Pour moi, un bouquin servait uniquement à caler une table ou bloquer une porte. (Je sais, je ne vais pas me faire des amis, mais je suis honnête.) Un jour, à cause du phénomène 50 nuances de Grey, je décide de l’écouter en livre audio. Attention, spoiler : ça a changé ma vie.


À raison de 150 livres audio par an, j’ai aujourd’hui écouté plus de 2000 ouvrages. J’ai appris des choses, je me suis cultivé, j’ai évolué.


2017 « Nymphéas noirs » de Michel Bussi m’a donné envie de la peinture artistique et donc la réalisation de mes premiers tableaux.


2018, d’une rencontre avec Cédric Sire, naît l’idée des portraits d’écrivains.


2019, Franck Thilliez est le premier à dire oui au projet.


20 portraits plus tard, à force d’exposer les tableaux sur les salons, de côtoyer les auteurs, l’envie de dédicacer derrière une table devient irrésistible.


2021, après des encouragements élogieux du bosse Thilliez, je me suis lancé.


  • Comment définiriez-vous votre parcours professionnel avant l’écriture de vos premiers textes ?


Assez simplement. Mon père avait son entreprise de peinture décoration. Habitué aux chantiers depuis le plus jeune âge, je souhaitais suivre sa voie. À 15, je quitte l’école et commence comme apprenti. Aucune étude littéraire, aucun rêve d’écriture, pire, on m’aurait annoncé que je deviendrai écrivain, j’aurai tapé la plus grosse barre de ma vie. Aujourd’hui, je dirige ma société et je suis un patron comblé.


  • Considérez-vous votre parcours artistique comme un atout dans votre carrière d’auteur ?


Un énorme, oui ! Comme dit plus haut, c’est la magie des rencontres qui m’a conduit à l’écriture. Imaginé un instant : j’ai rendez-vous avec Franck Thilliez dans un restaurant d’Arras pour dédicacer ses portraits. Durant le repas, je lui pitche mon idée de roman. Franck l’adore, m’en courage et me propose de m’aider. Je suis rentré chez moi gonflé à bloc et plus personne ne pouvait m’arrêter.


Les tableaux m’ont également aidé à être invité en tant qu’auteur. Déjà connu des organisateurs, il a été plus facile d’y obtenir une place. Et ça, c’est une chance incroyable.


  • Quelles influences culturelles (cinéma, littérature, art) ont marqué votre imaginaire ?


J’ai toujours été passionné par le cinéma et la télévision. Le fantastique et l’horreur sont mes domaines préférés. De la première version de « Il est revenu » à la série « Lost » et, bon sang, je pourrai en citer des dizaines et des dizaines. Les réalisateurs Nolan, Ryan Murphy, Guillermo Del Toro, etc… Concernant mes lectures, le King s’est imposé naturellement, j’aime tout dans son écriture, il me fait voyager dans un autre univers.


  • Vous réalisez de nombreux portraits d’auteurs de romans noirs : qu’est-ce qui vous attire chez eux ?


En réalité, le projet de base concernait tous les artistes en général. Qu’ils soient écrivains, sportifs, acteurs ou chanteurs… les écrivains sont les plus faciles à approcher, les premiers à avoir dit OUI. Ils sont un peu moins soumis aux conditions de l’image. Mais, aujourd’hui, les auteurs, c’est fini. J’ai enfin rencontré des acteurs et commencé une nouvelle collection. J’ai notamment travaillé avec la « bande à fifi », comme les auteurs, leurs portraits sont à vendre sur mon site aux bénéfices d’une association.


Votre site https://www.belodavid.com/collections présente une grande partie de votre travail pictural : quel rôle joue-t-il dans votre démarche artistique ?


C’est ma vitrine. Le recueil de mes œuvres. Bon ! Je ne suis pas suffisamment actif sur le Net pour en exploiter toutes ses possibilités. Ça viendra peut-être… un jour, quand j’aurai plus de temps. Car entre l’entreprise, les tableaux, l’écriture et la famille… voilà quoi ! Vous avez pigé.

  • En quoi la peinture et l’écriture se nourrissent-elles mutuellement dans votre création ?


Pour moi, l’art, dans toutes ses formes, doit exprimer le plaisir et le lâcher-prise. Aucune frontière, aucune barrière, tout est permis, rien n’est obligatoire. Donc, je ne sais pas si elles se nourrissent mutuellement, mais elles se complètent.


  • Travaillez-vous vos tableaux avec la même intensité émotionnelle que vos romans ?


Forcement ! Pour l’un comme pour l’autre, j’entre dans une sorte de trans. Je me projette dans un autre univers, mes yeux se révulsent et je laisse mes mains s’agiter sous des odeurs d’encens et des musiques chamaniques. Nan, je déconne… dans toutes mes œuvres, je veille à une seule chose : être entier.


  • Pensez-vous que vos œuvres picturales et littéraires racontent une seule et même histoire sous différentes formes ?


C’est une très bonne question. Et, elle me fait chier, car je n’ai pas la réponse. !!! Peut-être faudrait-il un œil extérieur pour y répondre. Tu en dis quoi, on la pose aux gens ?


  • *Opatoma – le fleuve aux mille morts* constitue une étape importante de votre parcours littéraire : comment est née cette histoire ?


Ah ! Opatoma… mon monde, mon univers, l’endroit où je me sens chez moi, où je ne m’interdis la moindre horreur, la moindre folie.


Lorsque j’ai eu envie d’écrire, j’ai commencé à travailler avec René Manzor. Il m’a coaché sur une nouvelle, histoire que j’apprenne les règles d’écriture (n’oublie pas, je n’ai aucun bagage dans ce domaine) et j’étais tellement absorbé dans cette histoire qu’un jour j’ai dit à René : stop ! Cette nouvelle, je vais en faire un roman. La suite, vous la connaissez, j’ai vu Frank au resto… etc…


  • Avec *Mon ami Charly*, vous explorez le traumatisme et l’anticipation du danger : pourquoi ces thèmes vous touchent-ils autant ?


Charly est particulier. Il prend naissance dans ma propre vie.


« Prends soin de ma fille, sinon, tu peux changer de village » ! C’est la phrase prononcée par un ami lorsqu’on a emmené sa fille en vacances au Corbier. Durant notre séjour, cette phrase ne m’a jamais quitté et tout le roman en a découlé. À la réflexion, je suis peut-être aussi anxieux et dérangé que Bastien, le héros du roman. N’en parlez pas à ma femme, elle risque de le confirmer.


  • Vos romans sondent souvent la psychologie et la mémoire : est-ce une démarche consciente dès l’écriture ?


Encore une fois, je vais être direct, le polar m’emmerde. On reste dans un schéma classique : un meurtre, une enquête, une résolution. Et ce, quelle que soit la forme. Par contre, l’être humain, son esprit et sa folie, me passionne et me terrifie.


Que se passe-t-il dans votre tête ? Dans la mienne ?


En général, je cerne bien les gens. Je peux me tromper, mais, souvent, je vise juste. Quelques minutes avec vous et je sais qui vous êtes ! Méfiez-vous.


  • Comment construisez-vous la tension narrative dans vos thrillers psychologiques ?


Je visualise ! Chaque scène, je les vis vraiment. Parfois en tant que spectateur, parfois en tant qu’acteur. Mais, j’y suis à chaque fois et je ressens chaque émotion.


  • Faites-vous davantage appel à la documentation ou à l’intuition pour nourrir vos récits ?


Aucune documentation ! Aucun plan, aucun pense-bête. Je me laisse porter à chaque chapitre par mes envies, mes rencontres ou les lieux visités. Si je parviens à vous surprendre, c’est parce que je le suis moi-même. Je ne sais jamais de quoi sera fait le lendemain. Cela peut paraître anarchique, mais, comme déjà dit, je n’aime pas lire. Donc, rédiger un texte déjà prêt, déjà réfléchi et préparé au millimètre me gonflerait à un point où j’aurais déjà abandonné.


  • *Papillon de nuit* est votre dernier roman : quelle a été l’étincelle à l’origine de ce projet ?


Retour dans la même ville d’Opatoma, ce n’est pas une suite, mais une autre histoire avec d’autres personnages. Et là, je me suis lâché. Je voulais une œuvre originale et forte, loin des sentiers battus, à mi-chemin entre le thriller psychologique et les contes interdits. C’est en revisionnant la série « Outlander » et en écoutant « 22/11/63 » de Stephen king que les idées ont jailli.


Et ne vous y tromper pas, malgré les horreurs de ce récit, le voyage de Tiffany ( son héroïne ) est presque beau.


  • En quoi *Papillon de nuit* marque-t-il une évolution ou un tournant dans votre écriture ?


Une évolution dans mon style d’écriture. Avec ce roman, je reste fidèle à moi-même, cependant, je progresse dans l’écriture et je pense que cela se ressent.


  • Comment vivez-vous les retours de lecteurs souvent très impliqués émotionnellement dans vos histoires ?


Avec Charly, j’ai vécu un rêve éveillé. Les retours étaient dithyrambiques et j’en étais le premier étonné.


Avec Papillon de nuit, j’ai beaucoup appris ! Et notamment l’humilité. Être trop original ne plaît pas à tout le monde. C’est le genre de roman qu’on déteste ou qu’on adore.


Alors, encore une fois, je vais être franc : les bons retours font du bien et encouragent à poursuivre. Concernant les mauvais… la plupart des auteurs vont diront qu’ils les acceptent s’ils sont étayés, qu’ils permettent de progresser. Une « critique constructive » ! Selon moi, ce sont des conneries. La vérité, c’est que les mauvaises critiques font très très mal. Car cela veut dire que le lecteur n’a pas compris le texte, qu’on a échoué.


Depuis « papillon de nuit », je souffre à chaque mauvaise critique… mais pendant 5 minutes, ensuite, je m’en cogne royalement.


  • Aujourd’hui, vous sentez-vous plus écrivain, plus artiste, ou profondément les deux ?


Ni l’un ni l’autre ! Je suis peintre en bâtiment, j’aime mon métier et je ne le changerais pour rien au monde. Sauf si je venais à gagner des millions avec mes écrits ! Bah quoi, on peut toujours rêver, non ?


  • Quels sont vos prochains projets, qu’ils soient littéraires ou artistiques ?


Artistique, je continue d’accrocher certains noms du cinéma français et je ne peins plus que deux ou trois tableaux par an.


Pour la littérature, « Entretien avec le chaos sortira le 13 août 2026. Et en exclusivité, je vous livre la 4eme de couverture :


Et si l'univers de Dexter rencontrait celui de Desperate Housewives !


Bienvenue à Hossegor, dans un charmant petit quartier du bord de mer. Entre plages de sable fin, villas somptueuses et pins des Landes majestueux, ses habitants y vivent dans la bienveillance et la tranquillité.


L'arrivée inopinée d'une famille énigmatique va bousculer leurs habitudes. Amanda, Carole, Sylvie et Arlette vont apprendre à leurs dépens qu'il n'est pas toujours bon de fouiner dans la vie de ses voisins.

Surtout lorsque ceux-ci font profil bas et tentent de passer inaperçus.

Chacun a ses secrets....

Sous le soleil et la chaleur du Sud-Ouest, guette une tempête au doux parfum de chaos…


En grand Merci pour cette interview et, je l’espère, à bientôt sur les salons.



René Manzor "L'ombre des innocents"s



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