CHRONIQUE: Les Galeries Hurlantes
- Pirard Marvin
- 6 avr.
- 2 min de lecture

Auteur: Jean-Marc Dhainaut
Roman: Les Galeries Hurlantes
Nombres de pages: 235
Editions: Taurnada Editions / L'Ombre des Mots
Date de sortie: 04/07/2019
Synopsis:
Karine, dix ans, joue avec un ami imaginaire. Tout ce qu'elle sait, c'est son âge et qu'il n'aime pas Alan Lambin, le spécialiste en paranormal que son père, désemparé et dépassé par une succession de phénomènes étranges, a appelé à l'aide. Et si l'origine de tout cela se trouvait dans les anciennes galeries minières existant toujours sous ce village du Nord ? Le seul moyen d'accéder à ce dédale oublié de tous serait les sous-sols d'un hôpital abandonné et hanté par le souvenir de tous ceux qui y laissèrent leur vie, un matin d'hiver, treize ans plus tôt.
Chronique:
Avec Les Galeries hurlantes, Jean-Marc Dhainaut entraîne le lecteur dans une descente aussi glaçante que sans espoir vers les profondeurs de l’invisible. Loin des frissons convenus, le roman explore une noirceur presque suffocante, où chaque souffle semble arraché au silence des morts. Alan Lambin, hanté par son propre passé autant que par les phénomènes qu’il traque, avance ici comme un homme en équilibre précaire entre raison et ténèbres.
Les galeries du titre ne sont pas de simples décors : elles sont des pièges, des tombeaux vivants où résonnent les cris étouffés de ceux qui n’ont jamais trouvé la paix. Dhainaut maîtrise à la perfection l’art du malaise ; il ne cherche pas à effrayer frontalement, mais à instiller une angoisse rampante, tenace, qui s’insinue entre les lignes. Chaque détail – une ombre fugitive, un souffle déplacé, une voix trop proche – vient rappeler que dans ces profondeurs, l’obscurité est une présence qui observe, patiente et juge.
La charge émotionnelle du récit est lourde, presque oppressante. Les révélations sur le passé des lieux, marqués par la souffrance et les disparitions, donnent au roman une densité tragique qui dépasse le simple fantastique. Alan Lambin lui-même semble s’y perdre, comme si ces galeries venaient chercher en lui quelque chose de brisé, de vulnérable, d’inavoué.
Les Galeries hurlantes est un récit où chaque page rapproche un peu plus du gouffre ; une œuvre sombre, habitée, qui parle autant des fantômes que des blessures humaines qui refusent de mourir. Un roman qui s’accroche à la mémoire comme un murmure venu d’en dessous, et qui laisse derrière lui une impression durable d’inquiétante présence.




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