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INTERVIEW : Christophe Royer

  • Pirard Marvin
  • 13 avr.
  • 5 min de lecture

Né en 1971 au Creusot, Christophe Royer possède un parcours mêlant sciences, informatique et création. Après un doctorat en physiologie animale puis un master en informatique à l’INSA de Lyon, il devient consultant informatique chez Forterro et intervenant à l’Eicar de Lyon. Il se lance dans l’écriture en 2014 avec la duologie d’anticipation « Projet Sapience » avant de s’orienter vers le thriller dès 2018. Ses thrillers sont reconnus pour leur tension narrative, leur documentation rigoureuse et l’exploration de thèmes sombres tels que les sociétés secrètes ou les scandales d’État. Son dernier thriller, L’Escadron blanc (2025), aborde le trafic de corps humains, tandis que Doors Game marque une incursion dans un univers plus fantastique pour ados et adulte



Tous droits réservés :
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  • Votre formation scientifique a-t-elle influencé votre manière d’aborder la construction d’une intrigue ?

Assurément, car un thriller demande de la précision et de la rigueur, en particulier pour conduire le lecteur ou la lectrice vers la révélation finale. Le moindre détail à son importance. Adopter une méthodologie scientifique est facilitateur et rassurant, sans brider le processus créatif.


  • Qu’est-ce qui vous a poussé à vous réorienter vers l’informatique après votre doctorat ?


La France est forte pour former des chercheurs, mais elle n’a pas les moyens de proposer des postes en nombre. J’aurai pu partir en post-doc à l’étranger, mais c’était synonyme de ne plus pouvoir revenir en France. Je n’étais pas prêt pour quitter mon pays. Alors, feu sur l’informatique.


  • Comment votre expérience de consultant informatique nourrit-elle votre écriture ?


À un très faible niveau. Mon activité est aux antipodes de l’écriture. C’est plutôt mon expérience de romancier qui influence ma manière de rédiger des mails ou des synthèses.


  • Votre rôle d’intervenant à l’Eicar de Lyon influence-t-il vos méthodes narratives ?


Oui, préparer les cours m’ont obligé à me plonger dans la lecture d’ouvrages plus technique concernant la création narrative et le travail éditorial.


  • Quel a été le déclic qui vous a mené à l’écriture en 2014 ?


Après avoir dévoré des tonnes de romans, j’ai eu envie d’écrire des histoires qui concatènent les univers que j’adore. Mais le véritable déclic a été de développer un synopsis qui traînait dans un coin de ma tête depuis de nombreuses années.

  • Pourquoi avoir débuté votre carrière littéraire par l’anticipation avec Projet Sapience ?


Projet Sapience, c’est un thriller spatial où les manipulations génétiques sur les animaux ont la part belle. Donc exactement mon domaine de compétences. C’était une manière logique de valoriser mon doctorat et d’écrire un grand roman d’aventure.


  • Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ensuite des thrillers ?


Même si je ne veux pas me cantonner au genre du thriller, ce dernier a l’avantage d’offrir beaucoup de libertés et permet d’aborder n’importe quel sujet. On peut mélanger le psychologique avec l’historique, l’ésotérique et le sociétal.


  • Comment avez-vous vécu le passage de l’autoédition à une maison comme Taurnada ?


Très bien, merci 😊. Changement total d’univers. Approche professionnelle et libération de temps. J’ai la chance d’être accompagné depuis plusieurs années par Taurnada.


  • Quels thèmes vous tiennent le plus à cœur dans vos romans ?


J’aime explorer les univers méconnus et étonnants, ainsi que les faits divers qui heurtent mes valeurs. Mes thèmes de prédilections sont donc très divers avec une petite préférence pour l’ésotérisme et le psychologique.


  • Comment choisissez-vous les sujets sensibles que vous explorez ?


Je ne les cherche pas spécialement, ils viennent naturellement à moi. Une rencontre, un article de presse, une vidéo, un reportage. Quelque chose qui provoque un choc émotionnel, qui fait monter en moi le besoin de le partager avec les autres, de le dénoncer... Cependant, mes romans ne sont pas donneurs de leçons. Je laisse à chacun son esprit critique. Je n’oublie pas qu’un roman c’est d’abord une bonne histoire avec des personnages attachants. La lectrice ou le lecteur doit passer un bon moment.


  • Utilisez-vous toujours un cahier pour préparer chaque roman ?


Oui, chaque roman à son propre cahier. Je le noirci durant toute la phase préparatoire, pré-écriture. Il contient des notes, des morceaux de scénario, des synthèses de recherches, des idées, des fiches personnages, etc...


  • Avez-vous une routine d’écriture quotidienne ?


Oui. J’ai besoin d’entrer dans une bulle pour me mettre dans de bonnes conditions. Je débute toujours en mettant de la musique, puis je commence à relire l’écriture de la veille. J’enchaine ensuite avec ce qui a mariné toute la journée dans ma tête. J’essaye de terminer la séance d’écriture, de 2 à 3 heures, en notant les premiers éléments du chapitre suivant.


  • Quelle importance accordez-vous à la documentation dans vos textes ?


Cette phase est fondamentale dans mon approche. J’ai besoin d’avoir un socle solide et immersif avant de pouvoir y ajouter ma fiction. Ce sont des mois de recherches, de rencontres avec les spécialistes des thèmes que j’aborde, de repérages des lieux.

  • Comment parvenez-vous à maintenir une tension constante ?


Je ne sais pas vraiment, j’ai la chance de le sentir que manière presque naturelle. L’expérience sans doute. Mes innombrables lectures. Ensuite, comme pour les scénaristes, il existe des ficelles pour mettre en place cette tension.


  • Votre proximité avec vos lecteurs influence-t-elle votre processus créatif ?


Non, pas vraiment. Où alors de manière totalement inconsciente. Je n’écris pas en fonction des envies des lecteurs. Trop risqué.


  • Comment est né le personnage de Nathalie Lesage ?


Marre du cliché du flic alcoolique dépressif en galère avec sa famille, mon héroïne s’est naturellement imposée à moi. Nathalie est la fusion de plusieurs personnes proches dont moi-même. C’est son passé plus ou moins fictif qui m’a permis de la façonner précisément.


  • Quelle importance accordez-vous aux lieux réels dans vos intrigues ?


Énorme ! Je les considère comme de véritables personnages. Ils apportent énormément à l’ambiance et au déroulé de mes romans.


  • Vos personnages sont-ils inspirés de rencontres réelles ?


Pour beaucoup, oui. Parfois, ils se retrouvent avec leur vrais noms et prénoms dans l’histoire. Je pioche autour de moi en faisant tout de même très attention car ça peut être source de problèmes. Je le fais toujours avec l’autorisation de la personne et une mise au point préalable.

  • Concernant L’Escadron blanc, qu’est-ce qui vous a poussé à traiter le trafic de corps humains ?


Lors de mes recherches, je suis tombé par hasard sur une des rares émissions qui évoquaient un scandale d’état récent quasiment passé sous silence. Secoué et touché personnellement, il m’a paru évident de l’intégrer dans mon histoire. Ensuite pour compléter mon intrigue, j’ai été fouiné autour de la manière dont les jeunes perçoivent leur corps et l’impact des influenceurs à ce sujet.


  • Avec Doors Game, vous explorez un univers nouveau : qu’est-ce qui vous a attiré dans ce concept ?


Depuis le « Projet Sapience », j’avais très envie de repartir dans une grande histoire d’aventure à destination des adolescents. Comme je voulais également toucher les adultes, ce roman a été construit avec plusieurs niveaux de lecture. Très ludique, Je me suis éclaté à écrire ce thriller fantastique qui est voué à avoir des suites...



René Manzor "L'ombre des innocents"s



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