CHRONIQUE: La mélodie
- Pirard Marvin
- il y a 7 jours
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Auteur: Emilie Ansciaux
Roman: La mélodie
Nombres de pages: 96
Editions: Livr's Editions
Date de sortie: 08/03/2017
Synopsis:
La coutume veut que la première nuit dans une maison représente toujours un moment difficile à passer. Tous les bruits inhabituels se font alors entendre. Craquements, grincements et autres sons angoissants qui font travailler l’imagination et invitent à la psychose. Pour ma part, cette nuit-là s’est déroulée sans encombre, car j’ai un sommeil de plomb, rien ne me réveille, pas même le coq de mon voisin qui a, paraît-il, fêté le lever du soleil à 7h09. Non, la première nuit j’ai dormi comme un bébé. C’est seulement le lendemain que je l’ai entendue et que tout a commencé…
Chronique:
La Mélodie d’Emilie Ansciaux est de ces romans qui ne cherchent pas à effrayer brutalement… mais à s’infiltrer lentement dans l’esprit du lecteur jusqu’à le rendre inconfortable. Dès les premières pages, une sensation glaciale apparaît, presque imperceptible, comme un bruit faible dans une pièce vide que l’on finit par ne plus pouvoir ignorer.
La musique, omniprésente, devient rapidement une entité à part entière. Elle ne réconforte jamais vraiment. Elle attire, hypnotise, ronge. Chaque note semble transporter avec elle des souvenirs mal enfouis, des douleurs anciennes, des émotions qui auraient dû rester enterrées. Plus la mélodie revient, plus elle semble altérer ceux qui l’entendent. Comme si elle réveillait quelque chose de profondément noir, tapi depuis longtemps dans l’esprit des personnages.
Emilie Ansciaux construit son horreur sur l’attente et la contamination psychologique. Rien n’explose immédiatement, mais tout se dégrade lentement. Les silences deviennent oppressants. Les regards changent. Les réactions paraissent décalées, presque inhabitées. Le lecteur avance avec cette impression terrible que quelque chose est déjà en train de pourrir sous la surface… et qu’il est trop tard pour l’arrêter.
L’écriture, sensorielle et immersive, agit presque comme cette fameuse mélodie : elle s’installe progressivement, jusqu’à isoler le lecteur dans une atmosphère lourde et étouffante. Certaines scènes dégagent un froid réel, celui des souvenirs qui refusent de mourir et des blessures qui continuent de respirer dans l’ombre.
Le plus glaçant dans La Mélodie, c’est cette idée que le danger n’est pas extérieur. Il se glisse dans l’esprit, se nourrit des failles émotionnelles, transforme les regrets en obsessions. La musique devient alors un vecteur de perte, une porte entrouverte sur quelque chose qui dépasse les personnages eux-mêmes.
La Mélodie est un roman profondément sombre et dérangeant, où l’horreur ne surgit jamais brutalement mais s’enracine lentement, jusqu’à laisser au lecteur l’impression troublante d’entendre encore cette musique… longtemps après avoir refermé le livre.




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